mardi , 23 avril 2019
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Le bypass gastrique, pas si infaillible


Perdre du poids de façon efficace et durable est très difficile lorsqu’on souffre d’obésité. Les thérapies conventionnelles sont souvent insuffisantes et, au vu des maladies graves qui accompagnent l’obésité morbide (diabète, pathologies cardiovasculaires), l’urgence d’agir, pour la santé, est réelle.

L’intervention chirurgicale est donc de plus en plus sollicitée, à l’instar du bypass gastrique. Pratiqué depuis une vingtaine d’années en Suisse, il est perçu par beaucoup comme un remède infaillible pour perdre du poids rapidement.

Quand le bypass gastrique fonctionne

Le bypass gastrique est une intervention chirurgicale relativement peu invasive qui consiste d’une part à réduire la taille de l’estomac et, d’autre part, à diminuer l’assimilation des aliments dans le tube digestif. Il est bien plus efficace que les traitements non chirurgicaux qui visent simplement à changer le mode de vie, et ses effets bénéfiques sont indéniables: une perte de poids, une rémission partielle ou totale du diabète de type 2 et une résolution des maladies associées à l’obésité. Et, incidemment, une forte réduction de la mortalité.

Or il arrive que le bypass reste sans effet ou presque. En effet, jusqu’à un tiers des personnes ayant bénéficié de cette opération ne perd pas suffisamment de poids ou en reprend peu de temps après.

Peut-on prédire l’échec?

Des études s’intéressent aux personnes qui ne répondent pas au bypass gastrique comme attendu. Le but est d’identifier les facteurs jouant un rôle dans cet échec, en amont et en aval de l’opération. Ces recherches identifient plusieurs éléments cliniques et psychologiques qui contreviendraient à la réussite de l’intervention, tels qu’un IMC particulièrement élevé, la présence d’un diabète, la sédentarité, le bas niveau d’éducation ou la présence de certains comportements alimentaires avant l’opération. Il n’existe toutefois pas de certitude absolue sur leur impact.

D’autres facteurs relatifs à la période postopératoire sont plus largement admis comme ayant un impact positif: le suivi de tous les rendez-vous médicaux, un environnement socio-économique et émotionnel stable, une diminution du stress, le changement des habitudes alimentaires au niveau quantitatif et qualitatif, la reprise d’une activité physique et la capacité à questionner sa relation à la nourriture.

Se préparer pour l’opération

Afin d’augmenter les chances de succès du bypass, être bien préparé est indispensable. Un programme d’éducation thérapeutique à destination des personnes obèses existe par exemple aux Hôpitaux universitaires de Genève. Le but est d’agir, par le biais d’ateliers pratiques et de discussions, sur les éléments que le bypass gastrique ne pourra pas résoudre à lui seul: le rapport à l’activité physique, à la diététique, au corps et aux émotions… le tout pour diminuer les risques de reprise pondérale après l’intervention et améliorer la qualité de vie sur le long terme.

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Adapté de «Pas tous égaux devant le bypass gastrique», Drs Z. Pataky, L. Locatelli et Pr A. Golay, Service d’enseignement thérapeutique pour maladies chroniques, Centre collaborateur de l’OMS, Dpt de médecine communautaire, de premier recours et d’urgences, HUG; Dr M. Jung, Service de chirurgie viscérale, Dpt de chirurgie, HUG. In Revue Médicale Suisse 2016;12:597-601.

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Paru dans Planète Santé magazine N° 33 – Mars 2019


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