lundi , 22 juillet 2019
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Le cirque Romanès accuse Bordeaux de le refuser à cause des rumeurs de « voleurs d’enfants »

ROMS – Ce mardi 23 avril, le cirque Romanès a publié sur sa page Facebook un appel à l’aide devant le refus de la mairie de Bordeaux d’accueillir son chapiteau, pourtant habitué des lieux. ”Ça ferait 10 ans qu’on allait à Bordeaux, mais le climat actuel fait que même Bordeaux ne nous veut plus !”, dénonce le cirque.

Établi à Paris, Porte Maillot, le cirque Romanès se décrit comme le “dernier cirque tzigane au monde”. Pas d’animaux en cage mais de la danse, des acrobates et de la place pour 300 spectateurs, le cirque fondé il y a 25 ans s’est produit jusqu’en Chine ou en Russie. Un succès qui rend d’autant plus étonnant le refus de la ville de Bordeaux. 

 

“Ils ne nous ont pas donné d’explications, alors que cela fait dix ans que nous y allons”, affirme Alexandre Romanès, le fondateur du cirque, au 4Suisse. “La seule explication qu’ils ont eue, c’est que le cirque serait vide. Alors que nous avions du monde chaque soir les autres années!”. La mairie s’est ensuite murée dans le silence d’après les organisateurs. 

Contactée par le 4Suisse, la mairie de Bordeaux n’avait dans l’immédiat pas donné suite à nos sollicitations. 

Climat de méfiance

Pour Alexandre Romanès, ce refus est surtout lié aux récentes rumeurs, et aux regards hostiles qui en découlent, qui ont pris pour cible la communauté rom. En mars dernier, une rumeur totalement infondée s’était répandue sur les réseaux sociaux: des Roms enlèveraient des enfants à bord de camionnettes blanches en Île-de-France. 

La “fake news” avait entraîné des violences à l’encontre de Roms, dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mars. Une “chasse aux Roms” s’était organisée, à Clichy-sous-Bois puis à Bobigny. Deux hommes avaient été blessés, tandis qu’une vingtaine d’agresseurs ont été interpellés au lendemain des violences. L’un d’eux a été condamné à 18 mois de prison ferme, le 2 avril dernier.  

La police avait démenti tout enlèvement d’enfant dans la région, et avait appelé à la méfiance face aux “fake news propagées” sur les réseaux sociaux. Malgré cela, nombre de Roms en Île-de-France se font menacer en pleine rue, et craignent encore pour leur sécurité.


Première apparition

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