mercredi , 17 juillet 2019
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Le coffre-fort disparu d’Alexandre Benalla a été déplacé par un homme lié à l’affaire du contrat russe

POLITIQUE – Le coffre-fort d’Alexandre Benalla, censé contenir ses armes, est introuvable depuis la perquisition qui a été menée à son domicile d’Issy-les-Moulineaux. Selon des révélations de Libération ce jeudi 14 février, il aurait été déplacé par Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité d’Edouard Philippe et également mouillé dans l’affaire du contrat avec un oligarque russe controversé.

Au cours de ses premières gardes à vue, Alexandre Benalla avait indiqué être en possession d’armes « déclarées » rangées dans un coffre-fort. Mais lors de la perquisition du 21 juillet (faute d’avoir pu accéder à l’appartement le 20) impossible de mettre la main sur le coffre-fort et son contenu. L’ex-collaborateur de l’Élysée explique alors avoir demandé à « un ami » d’aller chercher sa femme et « de récupérer tout ce qui pouvait être volé (…) et notamment les armes. » Celles-ci seront finalement remises à la police le 30 juillet. Mais le coffre-fort est toujours dans la nature.

Libération affirme donc ce jeudi que « l’ami » évoqué n’est autre que Chokri Wakrim, dont le nom apparaît sur le contrat de sécurité signé entre la société de Vincent Crase et Iskander Makhmudov, un oligarque russe réputé proche de Vladimir Poutine. « Chokri Wakrim a en effet été embauché en juin sur un des contrats de protection signé avec un oligarque russe suspecté de liens avec la mafia, Iskander Makhmudov », écrit le quotidien.

Une enquête du PNF en cours sur le contrat russe

Ce contrat a été négocié par Alexandre Benalla alors qu’il était encore employé à l’Élysée. Il est à l’origine d’une enquête du parquet national financier pour « corruption ».

Militaire, Chokri Wakrim est en couple avec l’ex-patronne de la sécurité du premier ministre qui a démissionné après les enregistrements diffusés par Mediapart. Selon les déclarations de cette dernière, il était présent lors d’une rencontre à leur domicile entre Alexandre Benalla et Vincent Crase le 26 juillet. Il a été convoqué par le ministère des Armées le 7 février et « suspendu à titre conservatoire de ses fonctions, avec effet immédiat, en attendant que la lumière soit faite » sur ses liens présumés dans l’affaire.

Le mystère autour de l’endroit où pourrait se trouver le coffre-fort demeure pour l’instant entier. Après la perquisition le 21 juillet, la compagne d’Alexandre Benalla et leur fils ont été temporairement logés par une femme d’affaires suisse, qui a affirmé à Libération n’avoir « jamais été impliquée ou informée du mystère du soi-disant coffre. »

A ce stade, comme le souligne le quotidien, aucune enquête n’a été ouverte sur ce coffre-fort et sa disparition. Ces révélations interviennent alors que le syndicat de police VIGI, partie civile dans l’affaire Benalla, a demandé le dépaysement du dossier auprès de nouveaux magistrats, dénonçant des anomalies dans l’enquête.


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