jeudi , 20 juin 2019
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Le créateur de Boulevard Paris 13 nous dit comment un musée aussi monumental a pu naître

STREET ART – Pour visiter ce musée, il suffit de lever les yeux (ou de prendre la ligne 6 du métro). Le premier parcours de street art à ciel ouvert du monde est inauguré ce jeudi 12 juin à Paris. Nommé Boulevard Paris 13, ce gigantesque musée s’étend sur le boulevard Vincent Oriol, dans le 13e arrondissement de la capitale, entre les stations de métro Chevaleret et Nationale. Vous ne pouvez pas le rater.

Depuis quatre ans, 26 artistes urbains de quatorze nationalités différentes peignent des fresques sur les murs des hauts immeubles de ce boulevard, offrant à ce jour 32 œuvres monumentales, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Pour observer ces œuvres, rien de plus simple: marcher dans ladite artère ou prendre le métro aérien qui permet d’avoir une vue imprenable sur la plupart des fresques. 

Ce projet d’art urbain a été lancé par la référence du street art à Paris, le galeriste franco-tunisien Mehdi Ben Cheikh. Ce dernier a expliqué au 4Suisse comment a pu naître et se développer en plein Paris cette galerie d’art très particulière. 

Le premier Louvre du street art 

Mehdi Ben Cheikh a implanté, il y a quinze ans, la galerie Itinerrance dans le 13e arrondissement de Paris. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a décidé d’installer son projet dans cette zone. Une idée qui a pu se concrétiser grâce à la mairie de l’arrondissement et tout particulièrement Jérôme Coumet, le maire.

Une aide de la mairie, mais pas que. Plusieurs de ces immeubles faisant office de toiles géantes sont privés. “Il y a de tout, des bâtiments privés, des HLM, des bâtiments appartenant à la mairie… Notre volonté est de fédérer tout le monde derrière un projet commun, peu importe l’origine ou la classe sociale”, poursuit Mehdi Ben Cheikh.

D’ailleurs, ce sont parfois les bailleurs privés qui sollicitent eux-mêmes la galerie Itinerrance pour que leur pignon soit peint. “C’est une décoration, ça attire les touristes et les commerces en profitent aussi, les gens sont fiers de leur quartier car c’est une plus-value. Tout le monde y gagne”, explique-t-il, avant de préciser qu’il n’est pas non plus rare que des gens refusent de laisser place à l’art sur leurs bâtiments: ”ça arrive, mais ça fait partie du projet, ça ne m’a jamais fait reculer. Souvent il suffit que les sceptiques voient ce que ça donne en vrai pour être conquis”. 

Boulevard Paris 13 est un musée à ciel ouvert d’un type inédit, le seul de ce genre dans le monde, nous explique ce ponte du street art: “Dans certaines grandes villes comme Los Angeles, il existe évidemment des grandes fresques murales, mais elles sont dispatchées dans toute la ville. Alors qu’ici elles sont regroupées pour donner une vue d’ensemble, pour être observées les unes après les autres sans parcourir des kilomètres”. Une sorte de Louvre du street art pour tout le monde, où l’on peut voir des peintures signées ST4, DALeast, Hush, Seth ou encore Maye, Shepard Fairey, C215, BTOY, D*Face, Inti et Conor Harrington.

Dépoussiérer l’image de Paris

Une particularité réunit ces œuvres, nous explique Mehdi Ben Cheikh. En effet, elles sont toutes peintes à main levée, et non pas avec des pochoirs comme de nombreux artistes le font. C’est le dénominateur commun de toutes ces fresques, cette technique particulière qui demande beaucoup de temps et de minutie.

Et comme toute collection, celle-ci va s’étoffer avec le temps. “Ce n’est qu’une première étape. Le but c’est de continuer à faire de nouvelles œuvres pour que le boulevard Vincent Oriol devienne une véritable attraction, surtout dans une vieille ville comme Paris, explique Mehdi Ben Cheikh. J’aimerais qu’on arrête de voir la capitale comme une ville ennuyeuse alors que c’est une ville jeune et dynamique où il se passe des choses”.

Le galeriste se félicite d’ailleurs de participer à la création de l’identité culturelle du 13e arrondissement, “qui n’avait aucun musée à proposer jusqu’à aujourd’hui”, remarque-t-il. 

“Ce jeudi nous inaugurons ce musée que tout le monde peut voir. C’est simplement une façon de dire qu’aujourd’hui il y a assez de matière et que ça vaut le coup d’œil de se balader dans le boulevard. Mais il y en aura encore d’autres”, conclut le galeriste. Pour l’occasion, des concerts du centre d’animation Dunois et du conservatoire Maurice Ravel, des spectacles de danse et un immense repas seront organisés sous le métro aérien à partir de 19h.

Levez les yeux. 


Première apparition

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