jeudi , 20 juin 2019
Accueil » Santé et Remise en forme » Le diagnostic de la sclérose en plaques, souvent erroné

Le diagnostic de la sclérose en plaques, souvent erroné


La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune chronique, dans laquelle le tissu qui protège les fibres nerveuses est attaqué. Les nerfs sont ainsi incapables de conduire correctement les impulsions électriques vers et provenant du cerveau. Cela peut entraîner des troubles de la sensibilité, de l’équilibre, du langage, une paralysie ou faiblesse musculaire, des problèmes visuels… Toutefois, son diagnostic est délicat. Ces symptômes, ainsi que les résultats médicaux, peuvent ressembler à ceux d’autres pathologies, telles que les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les migraines ou une carence en vitamine B12.

« Vous devez exclure tout autre diagnostic, et ce n’est pas une science parfaite », déclare ainsi Marwa Kaisey. Avec son équipe du Cedars-Sinai Medical Center, de l’Université de Californie à Los Angeles et de l’Université du Vermont (États-Unis), la scientifique a cherché à déterminer combien de patients atteints de SEP avaient été mal diagnostiqués, et les raisons qui expliquent ces erreurs. Pour cela, ils ont analysé les cas de 241 patients déclarés comme touchés par la pathologie. 18 % d’entre eux ne remplissaient finalement pas les critères du diagnostic. Leurs résultats seront publiés dans le journal Multiple Sclerosis and Related Disorders en mai.

Les risques de la prise d’un traitement inadapté

Le bon diagnostic était plus couramment celui de la migraine (16 %), suivi du syndrome radiologiquement isolé (RIS), dans lequel les patients ne présentaient pas de symptômes de SEP, alors que leurs tests IRM ressemblaient à ceux de patients atteints. La spondylopathie (maladie inflammatoire de la colonne vertébrale) et les neuropathies (maladies où le système nerveux périphérique est endommagé) constituaient les autres pathologies n’ayant pas été identifiées.

Parmi les personnes mal diagnostiquées, 72 % avaient reçu un traitement contre la SEP. Et ce, pendant quatre ans en moyenne avant que leur trouble réel soit identifié. Par ailleurs, 48 % ont reçu des thérapies comportant un risque connu de développer une leucoencéphalopathie multifocale progressive, une maladie grave de la substance blanche du cerveau causée par une infection virale.

« J’ai vu des patients souffrir des effets secondaires des médicaments qu’ils prenaient pour une maladie qu’ils n’avaient pas, regrette Marwa Kaisey. En attendant, ils ne recevaient pas de traitement pour ce qu’ils avaient. Le coût pour le patient est énorme – médicalement, psychologiquement, financièrement. » Les chercheurs espèrent désormais que ces résultats aideront à améliorer les procédures de diagnostic. « La première étape a été d’identifier le problème. Nous travaillons donc sur des solutions potentielles », ajoute la scientifique.

À lire aussi :

  • De nouveaux traitements pour la sclérose en plaques
  • Sclérose en plaques : les bienfaits du cacao



Première apparition

A lire aussi: