mardi , 20 août 2019
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le Missouri, nouvel Etat à adopter une loi restrictive sur l’avortement


Le Parlement du Missouri a adopté ce vendredi une loi très restrictive sur l’avortement, emboîtant le pas à plusieurs Etats américains conservateurs, comme l’Alabama ou la Géorgie, qui veulent faire revenir le sujet devant la Cour suprême remaniée par Donald Trump.

Au nom d’un droit « sacré » à la vie, la loi interdit aux médecins de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG) après la huitième semaine, un acte puni d’une peine de 5 à 15 ans de prison. Elle compte des exceptions en cas d’urgence médicale, mais pas pour les victimes de viol ou d’inceste.

Le texte doit encore être promulgué par le gouverneur républicain Mike Parson, un farouche opposant au droit à l’avortement qui se félicitait récemment sur Twitter d’avoir réduit de 20.000 à 3.000 le nombre d’IVG réalisées chaque année dans son Etat.

Le but: convaincre la plus haute cour de revenir sur le droit à l’IVG

La loi devrait rapidement être invalidée par les tribunaux, car elle est en contradiction avec l’arrêt emblématique de la Cour suprême, Roe V. Wade, qui a légalisé en 1973 le droit à l’avortement.

Mais le but du Missouri, un Etat rural et religieux du centre du pays, est de faire appel jusqu’à la haute cour pour la convaincre de revenir sur cette décision. Dans la même logique, l’Alabama, au sud du pays, vient d’adopter une loi qui interdit tous les avortements sauf en cas de danger mortel pour la mère, avec des peines pouvant aller jusqu’à 99 ans de prison pour les médecins.

Géorgie, Ohio, Kentucky, Mississipi, Alabama…

Malgré les menaces de boycott d’Hollywood, la Géorgie, où ont lieu de nombreux tournages, avait auparavant banni les IVG dès que les battements de coeur du foetus peuvent être détectés, soit vers la sixième semaine de grossesse, un stade où la plupart des femmes ignorent encore être enceinte. 

Depuis le début de l’année, des lois similaires ont été adoptées dans l’Ohio, le Kentucky ou encore le Mississippi.

« Ce torrent de lois extrêmes va probablement continuer », a prédit l’Institut Guttmacher, qui milite pour l’accès à la santé reproductive.

Les détracteurs de ces textes font valoir que l’interdiction de l’IVG n’arrêteraient pas les avortements pour autant, ce qu’affirment les conservateurs, mais empêcherait seulement les femmes en situation de précarité d’y accéder en toute sécurité. 

La droite religieuse est galvanisée par l’entrée au sein de la Cour suprême de deux magistrats nommés par le président Donald Trump, qui ont fait basculer le temple du Droit dans le camp conservateur (cinq juges sur neuf).

Pendant la campagne présidentielle de 2016, le milliardaire républicain avait conquis l’électorat conservateur en lui promettant de nommer à tous les niveaux des juges opposés à l’avortement. 




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