jeudi , 20 juin 2019
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Le Rassemblement national, accusé d' »intelligence avec une puissance étrangère », va porter plainte

POLITIQUE – Circulez, il n’y a rien à voir. Marine Le Pen a réfuté en bloc, ce dimanche 12 mai les accusations d’“intelligence avec une puissance étrangère.” Alors qu’un documentaire de l’émission “Envoyé Spécial” montrait des réunions secrètes entre Steve Bannon et la garde rapprochée du Rassemblement national, le doute plane sur un possible financement étranger du parti d’extrême droite.

Plusieurs députés et sénateurs demandent notamment une commission d’enquête parlementaire, après ce reportage de France 2 sur les liens entre cette formation et l’ex-stratège de Donald Trump. Rachid Temal, Nathalie Goulet, Jean-Michel Mis, Vincent Ledoux ou encore Bertrand Pancher répondent ainsi à l’appel de l’ancien député et ministre sarkozyste Frédéric Lefebvre, vice-président du parti de centre-droit Agir, allié à la majorité présidentielle.  

En réponse à cette démarche, le Rassemblement national a indiqué via un communiqué qu’il comptait “porter plainte” en diffamation. “Malgré le caractère tout à fait invraisemblable des accusations (intelligence avec une puissance étrangère, conjuration internationale -sic -), le Rassemblement national ne peut pas laisser passer les élucubrations de messieurs Lefebvre, Mis et Temal. Une plainte en diffamation et en dénonciation calomnieuse sera déposée contre eux dans les prochains jours”, indique le communiqué. “On ne peut imputer impunément au premier parti de France de commettre ces infractions.”

Contactée par l’AFP, la présidente du Rassemblement national voit la main de La République En Marche derrière la demande de commission d’enquête. Elle dénonce “une pauvre petite manœuvre politicienne et électoraliste d’un mouvement qui est en train de perdre la première place dans les sondages”, désignant ainsi le parti d’Emmanuel Macron, avec qui le RN est au coude-à-coude en tête des intentions de vote aux élections européennes du 26 mai.

“C’est juste un truc où il n’y a rien à dire”

“Il n’y a strictement rien à nous reprocher”, a-t-elle fustigé, expliquant que le groupe évoqué dans le reportage est celui des Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise et anciens membres de cabinets ministériels qui conseillent anonymement le RN. Confirmant l’invitation à les rencontrer lancée à Steve Bannon, elle a indiqué que cette rencontre n’avait pas eu lieu.*

Selon Marine Le Pen, “Bannon a proposé ses services pour tenter de trouver une banque européenne pour trouver un prêt (…) ce qu’il n’a d’ailleurs pas réussi à faire (…). Point barre. C’est juste un truc où il n’y a rien à dire”.

“Il n’y a aucun financement américain organisé par Steve Bannon pour le rassemble national”, a ensuite précisé la patronne du Rassemblement national sur BFMTV, en rappelant que les financements de partis politiques issus de banques extérieures à l’UE étaient interdits par la loi: “En revanche, Steve Bannon est de très bon conseil pour faire des levées de fonds, qui sont nécessaires auprès des Français”. Et Marine Le Pen de remercier les citoyens qui ”[lui] ont fait confiance et [lui] ont prêté dans un temps record.”


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