lundi , 24 juin 2019
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Le syndrome d’apnée du sommeil pourrait favoriser l’apparition d’un cancer

En raison de la diminution du débit respiratoire que peut provoquer le syndrome de l’apnée obstructive du sommeil, les patients seraient plus à risque de cancer sur le long terme, préviennent des chercheurs ayant mené une étude sur des milliers de personnes.


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Le syndrome d’apnées du sommeil (SAOS, appelé syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil) se manifeste par des interruptions répétées et incontrôlées de la respiration pendant le sommeil. Ces dernières sont la conséquence de la fermeture répétée du conduit aérien du pharynx, et cela plus de cinq fois par heure de sommeil. Ces occlusions sont elles-mêmes le fait d’un relâchement des muscles de la gorge et de la langue durant le sommeil, bloquant ainsi le passage de l’air et empêchant la respiration. Ces épisodes de pauses respiratoires se terminent par des micro-éveils, jusqu’à plusieurs centaines de fois par nuit, ce qui altère considérablement la qualité du sommeil.

Si, dans l’immédiat, il en résulte des somnolences diurnes, des difficultés de concentration ou de mémoire, il existe un risque de complications cardiovasculaires à plus long terme. Dans une récente étude publiée dans l’European Respiratory Journal, des chercheurs de l’université Aristote (Grèce) mettent en garde contre un autre risque important mais peu connu : la survenue d’un cancer. L’étude affirme en effet que les personnes, hommes ou femmes, qui subissent plus de fermetures des voies respiratoires pendant leur sommeil et dont les niveaux de saturation du sang en oxygène chutent par conséquent en dessous de 90%, sont plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer des années plus tard.

L’apnée du sommeil ne permet pas de maintenir un niveau d’oxygène adéquat

« Des études récentes ont montré qu’un faible taux d’oxygène dans le sang pendant la nuit et une perturbation du sommeil, qui sont tous deux fréquents dans le SAOS, pourraient jouer un rôle important dans la biologie de différents types de cancers. Mais ce domaine de recherche est très nouveau, et le lien entre le SAOS et le cancer n’a pas été étudié en détail auparavant », explique le Pr Athanasia Pataka, principal auteur de l’étude. Les chercheurs ont analysé les données de 19 556 personnes (un total de 5 789 femmes et de 13 767 hommes) incluses dans une base de données européenne appelée ESADA pour « European Sleep Apnoea Database » qui inclut des patients atteints de ce syndrome.

Pour évaluer la sévérité de chaque cas de syndrome d’apnée du sommeil et le lien possible avec le développement du cancer, ils ont examiné le nombre de fois où les participants ont présenté une fermeture partielle ou complète des voies respiratoires par heure de sommeil et le nombre de fois pendant la nuit où leur taux d’oxygène sanguin est tombé en dessous de 90%. Les données ont montré que parmi les participants, 160 femmes et 228 hommes ont reçu un diagnostic de cancer grave, ce qui représente 2,8% de toutes les femmes et 1,7% de tous les hommes membres de la cohorte. Le cancer du sein était le cancer le plus répandu chez les femmes, le cancer de la prostate pour les hommes

Les femmes ne sont pas touchées de la même façon

Lorsque les chercheurs ont analysé les données en fonction du sexe des participants, ils ont constaté que les probabilités de diagnostic d’un cancer étaient plus élevées chez les femmes atteintes de SAOS sévère par rapport aux femmes qui n’en souffraient pas. Mais cette tendance n’était pas la même lorsqu’il s’agissait de comparer les hommes atteints de SAOS à ceux qui n’en faisaient pas. Et ce même après que l’équipe de recherche a pris en compte les autres variables pouvant influer sur le risque de cancer, telles que l’IMC, l’âge, le tabagisme et la consommation d’alcool. Ce qui suggère que les femmes concernées par ce syndrome sont plus susceptibles de développer un cancer que les hommes concernés.

Parmi les hypothèses évoquées, le fait que l’organisme puisse être profondément affecté par une fréquente désaturation de l’oxygène sanguin. « Notre étude montre que la sévérité du SAOS est liée à un diagnostic de cancer. Ce lien était fort chez les femmes que nous avons analysées, et moins chez les hommes. Cela pourrait donc être un indicateur du cancer chez les femmes, bien que d’autres recherches soient nécessaires pour confirmer ces résultats », ajoute le Pr Athanasia Pataka. Celle-ci précise également que les médecins doivent être conscients du fait que les femmes concernées peuvent présenter des symptômes peu connus tels que fatigue, insomnie, dépression et maux de tête le matin.

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