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Le tabagisme féminin prend de l'ampleur

Le tabagisme féminin prend de l'ampleur

Dès le 1er novembre est lancée la troisième édition du « Moi(s) sans tabac », un défi national pour inviter les Français à arrêter de fumer ensemble pendant 30 jours d’affilée. Le but ? Multiplier les chances de ne pas retomber dans l’addiction. À cette occasion, Santé publique France fait le point, dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 30 octobre, sur une situation qualifiée de préoccupante : le tabagisme ne cesse de prendre de l’ampleur chez les femmes, et ce depuis une cinquantaine d’années.

Le Baromètre santé 2010 de l’Inpes faisait déjà état d’une nette augmentation du nombre de fumeuses entre 2005 et 2010 en France. Les femmes nées entre 1945 et 1965 étaient particulièrement concernées, car de la « génération de l’émancipation féminine ». Désormais, la prévalence du tabagisme féminin se rapprocherait même de celle observée chez les hommes. En 2017, 24 % des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement, pour 30 % d’homme selon le BEH. Et cette augmentation n’est pas dénuée de conséquences.

Une hausse de l’incidence des pathologies

Entre 2002 et 2015, l’incidence du cancer du poumon a augmenté de 72 % chez les femmes, alors qu’elle est restée stable chez les hommes. Cette pathologie devrait ainsi « dans un avenir proche devenir la première cause de mortalité par cancer chez la femme devant le cancer du sein », note le rapport. L’incidence des hospitalisations pour la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) a quant à elle doublé (30 % de plus chez les hommes). Celle des infarctus du myocarde avant 65 ans a grimpé de 50 % (16 % chez les hommes). Ainsi, sur la même période, le nombre de décès associés à la cigarette aurait doublé. Là encore, les femmes de 45-64 ans sont les plus impactées.

Le BEH alerte également sur le nombre de femmes enceintes qui continuent à fumer, encore trop nombreuses. Seule la moitié des fumeuses attendant un enfant arrêtent leur consommation pendant les neufs mois. En 2016, 30 % des femmes fumaient avant la grossesse. 16 % fumaient au troisième trimestre, soit des taux les plus élevés d’Europe. Selon l’étude réalisée, ces consommatrices de cigarettes auraient principalement moins de 30 ans, seraient peu diplômées ou toucheraient des revenus plus bas. La conscience des risques est pourtant réelle, puisque « chez celles qui persistent à fumer, il est observé une réduction franche de la consommation de cigarettes », résume Santé publique France.

Un signal d’alarme

« De telles augmentations observées sur une période de 15 ans doivent être considérées comme un signal d’alarme, déclare François Bourdillon, directeur général de Santé publique France dans l’éditorial du BEH. La dénormalisation du tabagisme et l’accompagnement des fumeurs vers l’arrêt de toute consommation de tabac sont donc cruciaux. […] J’espère que la 3e édition du Mois sans tabac permettra de poursuivre la dynamique observée depuis un an d’une diminution très nette du tabagisme dans notre pays. » Entre 2016 et 2017, une baisse globale de la consommation de tabac avait en effet été enregistrée pour tous les âges et tous les sexes, avec un million de fumeurs en moins.

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