mardi , 20 août 2019
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L’ENA et l’ENM, menacées de disparition, répondent à Macron

Charles Platiau / Reuters

POLITIQUE – Cette fuite est manifestement appelée à faire couler beaucoup d’encre. Avortée par le violent incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris lundi soir, le 15 avril, l’allocution que devait prononcer Emmanuel Macron en réponse au grand débat a finalement été dévoilée par les médias. Si la présidence de la République refuse d’en confirmer les termes, une des mesures prévues a immédiatement fait réagir les principaux intéressés.

Le chef de l’Etat pourrait ainsi annoncer un changement de “la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA (Ecole nationale d’administration, NDLR) et plusieurs autres structures”, selon ce texte dont l’AFP a obtenu copie. Objectif de cette mesure essentiellement symbolique: donner “à tous nos jeunes leurs chances en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale.”

Selon le quotidien Les Echos, outre l’ENA, dont Emmanuel Macron a fréquenté les bancs, l’Ecole nationale de magistrature (ENM), qui forme les principaux magistrats du pays, pourrait également faire partie des sacrifiés sur l’autel de la méritocratie.

Ce mardi et mercredi, ces deux écoles particulièrement prestigieuses ont adressé une réponse au projet du président de la République en diffusant sur les réseaux sociaux leurs statistiques internes sur l’origine sociale de leurs élèves.

“Dans la promotion actuelle, 26% d’élèves boursiers de l’enseignement supérieure. 14% d’élèves petits-enfants d’ouvrier. 9% petits-enfants d’agriculteur. 12% petits-enfants d’artisan ou commerçant.12% petits-enfants d’employé. 56% d’élèves ont fait leurs études secondaires en région”, a plaidé dans un tweet le compte officiel de l’ENA, contredisant la critique élyséenne sous-jacente selon laquelle l’école qui forme les hauts fonctionnaires du pays ne serait pas suffisamment représentative.

En plus de ce message sans ambiguïté, le compte de l’ENA a rewteeté plusieurs messages visant à afficher ses efforts pour ouvrir ses bancs à une plus grande diversité socio-géographique.

Dans un tweet du même acabit, l’ENM a elle-même mis en avant les efforts investis dans la promotion de la diversité, en affichant un bilan de ses “classes préparatoires égalité des chances”. Un dispositif qui, vante l’école, “favorise les étudiants boursiers et ceux issus des quartiers politique de la ville et des zones de revitalisation rurale”. 

Panique chez les étudiants ou aspirants

La nature et le contexte de ces annonces, dont l’Elysée a reporté une éventuelle confirmation à une date indéterminée, a en tout cas provoqué la stupeur chez les anciens élèves et étudiants aspirants de ces deux écoles renommées. L’ENM fête cette année ces 60 ans.

“Magistrat, c’est un vrai métier. Et un vrai métier ça s’apprend. Dans une école”, a réagi l’Association des jeunes magistrats. 

Pas de panique. Nul doute que ces suppressions, si elles sont confirmées, s’effectueront dans le cadre d’une transformation des modalités d’accès à des compétences unanimement reconnues. C’est ce qu’affirme Géraldine Chavrier, professeur des Universités et directrice de la Prep’ENA au Centre de préparation aux concours de la haute fonction publique.

“Le prochain concours, et vraisemblablement celui d’après, sera forcément maintenu pour des raisons de délai d’adoption d’une hypothétique loi, prévient-elle. Restez concentrés.”


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