dimanche , 16 juin 2019
Accueil » Actualité » Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation 

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation 


Malgré les annonces d’Abdelaziz Bouteflika qui a assuré qu’il quitterait la présidence de l’Algérie à l’issue d’une conférence nationale chargée de réformer le pays et de le doter d’une nouvelle Constitution, les Algériens ont de nouveau prévu de défiler dans les rues du pays ce vendredi. 

Désormais soutenus par le Front de libération nationale (FLN), la propre formation politique du président, les manifestants appellent à se munir d’un parapluie et de l’orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l’étoile et du croissant rouges-, pour réclamer une nouvelle fois le départ du chef de l’Etat.

« Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika », indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également « les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (…) leur ingérence ».

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record, qui est globalement restée pacifique. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué « des millions » d’Algériens dans les rues.

Le prolongement de son mandat vivement critiqué

En reportant le 11 mars l’élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu’à l’issue d’une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d’une nouvelle Constitution, Abdelaziz Boufelika a prolongé d’autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Lors d’une tournée à Rome, Moscou -allié historique d’Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que le chef d’Etat algérien remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d’une présidentielle dont la date n’a pas encore été fixée.

Mais aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le « prolongement » du mandat a continué d’être largement rejeté. Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont ainsi tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de « technocrates » semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination. Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l’attitude à adopter.

La classe politique divisée

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s’élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d’un mois étaient les plus fervents partisans d’un cinquième mandat du chef de l’Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s’est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l’ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, « soutient le mouvement » de contestation, tout en prônant le « dialogue » proposé par le chef de l’Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s’était « trompé » en soutenant la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Plus grave, il a accusé des « forces non constitutionnelles » de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide « réellement » à la présidence. Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants au président algérien.

Le RND, parti de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l’apparent délitement du « système » un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l’Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n’a pas apaisé les Algériens.




Retrouvez cet article sur : BFM-TV

A lire aussi: