lundi , 22 juillet 2019
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les gilets jaunes français au coeur de la discorde


Jeudi, la France a rappelé son ambassadeur en Italie après une série d’attaques du gouvernement italien contre des décisions françaises. Acmé dans les relations très tendues qu’entretiennent l’Italie et la France depuis des semaines: la rencontre entre le vice-président du conseil italien Luigi Di Maio et des gilets jaunes mardi.

« Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable », a déclaré le ministère des Affaires étrangères jeudi dans un communiqué.

Déjà début janvier, Luigi Di Maio s’était tourné vers le mouvement des gilets jaunes français. Le patron du Mouvement 5 étoiles (M5S) a proposé son aide aux contestataires français via une publication sur le blog de son parti intitulée: « Gilets jaunes, ne faiblissez pas! » Outre son approbation personnelle, Luigi Di Maio leur apporte le soutien du M5S, parti politique revendiquant notamment, comme les gilets jaunes, plus de démocratie directe. Il évoque rapidement son envie de rencontrer des représentants du mouvement de protestation français.

Des premiers rapprochements timides

« Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple », avait affirmé dans la foulée l’autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), ajoutant toutefois condamner avec une « totale fermeté » la violence des dernières manifestations.

Dès les premiers rapprochements, Eric Drouet, un des leaders du mouvement des gilets jaunes, s’était dit intéressé. « Je suis toujours très content des différentes expressions de soutien aux gilets jaunes. C’est un soutien important pour nous », avait-il déclaré au journal italien Ansa le 9 janvier.

Mais les avances italiennes avaient rapidement été repoussées. Le 10 janvier, Eric Drouet était revenu sur ses déclarations pour finalement rappeler que les gilets jaunes étaient un groupe « apolitique »: « Nous refuserons [sic] toute aide politique, peu importe d’où elle vienne! Nous refusons donc votre aide. Nous avons commencé [sic] seul, nous finirons [sic] seul. »

Une rencontre explosive

Le soutien des élus italiens au mouvement français ne s’est pourtant pas tari, et a même franchi un grand pas début février. « Nous avons fait un saut en France et nous avons rencontré le leader des gilets jaunes Christophe Chalençon et les candidats aux élections européennes de la liste RIC d’Ingrid Levavasseur », a annoncé sur Twitter Luigi Di Maio mardi dernier, en publiant une photo de leur rencontre.

« L’échange a été très cordial. On se rend compte qu’il y a beaucoup de points communs entre notre démarche et le M5S, qui est né des mêmes revendications du peuple », a expliqué au Monde Christophe Chalençon.

Cependant, aucune alliance concrète n’a pour le moment été créée, précise-t-il. Outre la colère du Quai d’Orsay, cette rencontre a déclenché des critiques au sein des gilets jaunes.

Scission au sein des gilets jaunes

Ingrid Levavasseur elle-même s’est désolidarisée de cette entrevue, à laquelle elle n’a pas participé, et pour laquelle elle assure ne pas avoir été consultée. « C’est horrible, c’est une usurpation totale. Il spolie tout notre travail », déclare-t-elle dans Le Monde jeudi.

Cette rencontre a été critiquée par d’autres gilets jaunes, et va même entraîner une contre-manifestation d’une branche du mouvement, qui devrait se tenir ce vendredi à 14 heures dans la ville italienne de San Remo, proche de la frontière française. Maxime Nicolle – aussi connu sous le nom de Fly Rider – a lancé ce rendez-vous sur Facebook, « pour montrer que le contact du gouvernement Italien avec la liste de Ingrid Levavasseur n’est en rien représentatif du mouvement des gilets jaunes ».




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