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Les infections associées aux soins ne diminuent pas en milieu hospitalier



Les infections nosocomiales ou infections associées aux soins (IAS) surviennent au cours de la prise en charge d’un patient par un professionnel de santé. Chaque année, 470 000 individus hospitalisés sont touchés par ces infections urinaires, pneumonies, septicémies en milieu hospitalier, après avoir été intégrés dans l’établissement. Soit une personne sur 20. 4 000 personnes en meurent tous les ans.

Depuis 2006, leur nombre a même atteint un « pallier », alerte la Cour des comptes dans son rapport annuel publié début février. Le contrôleur dénonce des lacunes en matière d’hygiène et appelle à « responsabiliser l’ensemble des acteurs dans la bonne application des règles […] et dans la juste prescription des antibiotiques ».

Manque d’hygiène et antibiorésistance

Paradoxalement, les progrès de la médecine ne diminuent pas le risque. Au contraire. Les actes dits invasifs, de la chirurgie aux endoscopies en passant par les ventilations mécaniques en réanimation sauvent des vies, mais ne sont pas « exempts de risques infectieux », explique la Cour des comptes. Mais certaines infections restent évitables, continue-t-elle. D’une part, en France, les antibiotiques sont toujours trop prescrits. « La consommation par habitant est trois fois supérieure à celle des Pays-Bas, sans qu’aucune raison épidémiologique ne vienne expliquer cet écart », écrivent les magistrats.

De l’autre, les mesures d’hygiènes sont « parfois négligées » : des bijoux sont portés malgré leur interdiction, les dispositifs médicaux propres et sales sont croisés au bloc opératoire, les personnels arborent leur blouse de travail à l’extérieur quand ils déjeunent ou quand ils fument… « Si un employé faisait cela dans une usine agroalimentaire, il serait congédié. On tolère à l’hôpital ce que l’on n’accepte pas ailleurs », déclare ainsi au Parisien Alain-Michel Ceretti, le patron de France Assos Santé.

Des solutions connues

D’après le rapport, si des progrès ont néanmoins été réalisés pour l’hygiène des mains, « l’usage des solutions hydro-alcooliques demeure insuffisant ». En effet, la moitié des établissements de santé ont commandé, au regard de leurs effectifs, une quantité « inférieure aux deux tiers » à celle réellement nécessaire. Mais la marge de progression est réelle et possible, et les solutions connues, estiment les magistrats. La preuve : les hôpitaux de Paris (APHP) ayant durci leurs règles auraient constaté une baisse de 20 % du nombre d’IAS dans leurs locaux.

La Cour des comptes note enfin que les professionnels de santé dans les hôpitaux, ou les centres médicaux sociaux comme les EHPAD, sont insuffisamment vaccinés contre la grippe. Le taux de vaccination du personnel soignant français serait d’environ 30 % contre la pathologie.

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