lundi , 24 juin 2019
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Les raisons pour lesquelles les écrans font grossir

Alors que le temps passé devant les écrans ne cesse d’augmenter, ces derniers seraient l’un des principaux facteurs en cause dans la hausse du taux de surpoids et d’obésité dans le monde. Des chercheurs détaillent dans la revue The Conversation les principaux mécanismes évoqués.


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L’obésité concerne aujourd’hui la quasi-totalité de la planète, y compris de nombreux pays émergents. En France, les premiers résultats de la cohorte Constances, portée par l’Inserm et la Caisse nationale de l’Assurance-maladie des travailleurs salariés (Cnamts), révélaient en 2016 que la prévalence du surpoids était de 41,0% et 25,3%, respectivement, chez les hommes et les femmes et la prévalence de l’obésité globale était de 15,8% pour les hommes et de 15,6% pour les femmes. « L’excès de poids concerne près de la moitié de la population en France. Ces données confirment l’importance de cette pathologie nutritionnelle en termes de santé publique », concluaient les chercheurs.

Car les personnes en situation de surpoids et d’obésité s‘exposent à de multiples conséquences : diabète de type 2, hypertension artérielle, excès de lipides dans le sang (dyslipidémie), atteintes cardiovasculaires, syndrome d’apnée du sommeil, maladies articulaires telles que l’arthrose et plusieurs types de cancer. A l’occasion des Journées européennes de l’obésité (17 mai), une équipe de chercheurs* a détaillé pour le site The Conversation les liens entre écrans (smartphone, télévision, tablette, consoles de jeu, réseaux sociaux, Internet…) et prise de poids à travers quatre mécanismes bien mis en évidence. Car ces derniers sont devenus omniprésents, aussi bien chez les adultes que les enfants.

Les écrans et le grignotage

Une pratique excessive des écrans peut avoir un effet direct sur la manière de s’alimenter. A commencer par une mauvaise habitude à bannir : le grignotage. Si celui-ci peut être encouragé par des menus peu consistants, le stress ou l’ennui, les écrans sont particulièrement en cause. Bonbons, gâteaux, fast-food, boissons sucrées, snacks salés… autant de produits de mauvaise qualité nutritionnelle consommés sans même ressentir une sensation de faim. Non seulement les usagers d’écrans demeurent inactifs sur une longue période, mais ils emmagasinent en plus un apport énergétique trop élevé.

Les écrans ont également une mauvaise influence sur notre manière de s’alimenter lors du déjeuner et du dîner. A cause des images et des sons, le cerveau n’est pas concentré sur l’acte de manger en soi et les sensations qui en découlent, notamment la satiété qui n’est plus perçue à temps quand elle survient. « Conséquence : les quantités ingérées augmentent en moyenne de 25% ! Une solution pour remédier à cette situation serait de mieux orienter son attention sur l’acte de manger. S’y adonner lentement, en pleine conscience, dans la convivialité et sans écran », expliquent les chercheurs.

Les écrans et la sédentarité

La sédentarité représente en soi un problème de santé publique, à l’origine notamment de maladies cardiovasculaires. Or, plus les écrans sont utilisés, plus celle-ci augmente. Et un cercle vicieux s’installe : la sédentarité fait prendre du poids, une situation en défaveur d’une activité physique régulière. Les chercheurs précisent néanmoins que la question n’est pas complètement tranchée. « Si on observe une corrélation négative entre l’exposition aux écrans et la pratique d’activités physiques modérées ou élevées, le lien de causalité n’est pas encore clairement établi », indiquent-ils.

Il est cependant acquis qu’il faut différencier sédentarité et activité physique et qu’il faut agir sur les deux. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la santé recommande de pratiquer 30 minutes d’exercice physique d’intensité modérée cinq jours par semaine pour rester en forme. Il est par exemple recommandé de marcher quelques minutes après avoir passé deux heures assis et de privilégier des gestes simples comme prendre les escaliers le plus souvent possible, se rendre au travail à bicyclette ou descendre du bus deux arrêts avant sa destination finale pour marcher le reste du trajet.

Les écrans et la mauvaise publicité

Les enfants et adolescents grands amateurs d’écran sont plus exposés à la publicité alimentaire donc au marketing, reconnu comme ayant un impact sur les préférences nutritionnelles. Or, de nombreuses publicités concernent des aliments et boissons de mauvaise qualité. En 2017, une équipe de l’Inserm recommandait de limiter leurs effets en interdisant les publicités pour certains produits alimentaires durant les plages horaires visionnées par un nombre important d’enfants. Le groupe recommandait aussi d’interdire le recours à des techniques comme l’utilisation de porte-parole de marque (sportif, chanteur).

« Qui plus est, il semblerait qu’une publicité pour les produits d’une marque donnée fasse augmenter la demande pour l’ensemble de la catégorie d’aliments ou de boissons concernée », soulignent les chercheurs. Outre le marketing traditionnel, les enfants peuvent être influencés par le marketing numérique (publicités sur Internet, mobiles et réseaux sociaux, jeux vidéo publicitaires, insertion de marques dans un jeu vidéo…) et même le neuromarketing, soit à un niveau peu ou non conscient. Contre ce problème, les chercheurs recommandent de rendre obligatoire l’affichage du logo Nutri-score.

Les écrans et le manque de sommeil

Difficultés d’endormissement, insomnies, réveils nocturnes, sensation de sommeil non récupérateur… Les écrans impactent directement le sommeil pour deux raisons. En premier lieu le fait qu’une exposition à de la lumière riche en bleu émise par les diodes électroluminescentes (LED), dont les écrans d’ordinateurs, de smartphones et de tablettes constituent des sources importantes, le soir perturbe les rythmes biologiques. Celle-ci est interprétée par le cerveau comme étant la lumière du jour, ce qui retarde la production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et donc l’endormissement.

En second lieu, les chercheurs citent l’impact de « l’excitation provoquée par les vidéos ou les messages consultés le soir. Par exemple, quand les personnes sont investies émotionnellement dans les médias sociaux. » Le terme de FOMO (fear of missing out), cette peur de manquer un contenu intéressant, a même émergé. Or, il est connu qu’un mauvais sommeil favorise le surpoids mais aussi une mauvaise capacité de concentration et de mémorisation la journée. Mieux vaut donc respecter deux règles primordiales : se déconnecter des écrans une à deux heures avant de se coucher et les bannir de la chambre.

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