jeudi , 23 mai 2019
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les soldats de Daesh se rendent aux Kurdes


Des jihadistes de Daesh cachés dans des tunnels se sont rendus dimanche, au lendemain de l’annonce de la chute du « califat » du groupe terroriste à Baghouz, son dernier bastion situé à l’est de la Syrie. En parallèle, les autorités locales kurdes ont prévenu la communauté internationale du « danger » posé par les cellules dormantes de Daesh ainsi que par les « milliers » de jihadistes étrangers et leurs familles retenus en Syrie.

Dimanche, au pied d’une collinne surplombant le dernier lambeau du « califat », des dizaines d’hommes ont été aperçus avançant en file indienne pour grimper dans des camions: « Ce sont des combattants de Daesh qui sont sortis des tunnels et se sont rendus aujourd’hui » (dimanche), a indiqué à l’AFP Jiager Amed, un responsable média des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde, épine dorsale des Forces démocratiques syrienne (FDS), qui ont mené la lutte contre le groupe terroriste au sol.

Il y a principalement des hommes dans la file: certains arborent des barbes fournies et sont emmitouflés dans d’épaisses « abayas » (manteaux traditionnels), d’autres portent sur la tête un keffieh rouge et blanc ou se cachent le visage avec ce foulard, a constaté à distance l’AFP, qui n’a pas pu approcher ces hommes: « On ne connait pas leur nombre. Il se peut qu’il y en ait d’autres cachés dans les tunnels », a précisé Jiager Amed.

Emprisonnés par les Kurdes

Après plus de six mois d’âpres combats, la victoire contre Daesh à Baghouz, a signé l’effondrement territorial du « califat » autoproclamé par l’organisation jihadiste en 2014 sur un territoire grand comme la Grande-Bretagne, à cheval entre la Syrie et l’Irak. Plus de 630 civils ont été tués dans les affrontements, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Quelque 1.600 jihadistes et 750 combattants des FDS ont également péri.

Les combattants de Daesh sont emprisonnés par les Kurdes, qui ont établi une administration semi-autonome dans le nord-est de la Syrie, tandis que les non combattants, notamment femmes et enfants, sont retenus dans des camps de déplacés.

« Nous avons des milliers de combattants, d’enfants et de femmes originaires de 54 pays, sans compter les Syriens et les Irakiens. Il faut qu’il y ait une coordination entre nous et la communauté internationale pour faire face à ce danger », a souligné le chargé des Affaires étrangères au sein de l’administration semi-autonome kurde, Abdel Karim Omar.

L’épineuse question du rapatriement des étrangers

Alors que Washington a promis le désengagement de la majorité des 2.000 soldats stationnés en Syrie après la fin du « califat », les Kurdes –dont l’administration n’est pas officiellement reconnue par la communauté internationale– redoutent une offensive de la Turquie voisine contre les territoires qu’ils contrôlent. Ankara considère les milices kurdes comme « terroristes ». Pour l’instant, Washington a promis de maintenir « pour un certain temps » 400 soldats américains dans la zone. Mais, « toute menace ou toute nouvelle guerre sera une opportunité donnée à ces jihadistes pour s’enfuir des prisons », a averti le haut responsable kurde.

Il a aussi mis en garde contre un abandon à leur sort de « milliers » d’enfants ayant baigné dans la violente propagande de l’EI. Les enfants de jihadistes seraient plus de 3.500, originaires de plus de 30 pays, dans les camps de déplacés, selon l’ONG Save The Children. S’ils « ne sont pas rééduqués et réintégrés dans leur société d’origine, ils représentent des futurs terroristes », selon Abdel Karim Omar.

Mais la question du rapatriement des jihadistes combattants, et même celle des enfants, divise les pays dont les ressortissants ont rejoint Daesh en Irak ou en Syrie. Si la France, pays occidental le plus touché par les attentats perpétrés au nom de daesh, ou la Grande-Bretagne également frappée par des attaques, ont salué la fin du califat, le sujet des rapatriements reste très sensible. Selon un sondage publié fin février, 89% des Français interrogés se disaient « inquiets » d’un éventuel retour des jihadistes adultes.




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