dimanche , 18 août 2019
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Les tâches ménagères quotidiennes, une source cachée de pollution atmosphérique

Si la plupart des sources de pollution atmosphérique sont connues, des chercheurs mettent en garde contre les effets néfastes de plusieurs tâches domestiques sur la qualité de l’air intérieur. Les molécules libérées lors de ces activités sont seulement néfastes pour la santé mais contribuent également à la formation d’ozone et de particules fines en extérieur.

 


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Les composés organiques volatils (COV) entrent dans la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants : peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, solvants… Pour des usages ménagers, professionnels ou industriels, c’est pourquoi leur présence dans l’air intérieur peut-être aussi importante. Ils sont émis lors de la combustion de carburants (notamment dans les gaz d’échappement) ou par évaporation lors de leur fabrication, de leur stockage ou de leur utilisation. Outre leurs effets néfastes sur l’environnement, de plus en plus d’études pointent leurs dangers pour la santé, allant d’une simple gêne olfactive à une diminution des capacités respiratoires.

Dans une récente étude, des chercheurs de l’University of Colorado Boulder mettent en garde sur le fait que la cuisine, le nettoyage et d’autres activités domestiques courantes contribuent grandement à générer des COV dans une maison de taille moyenne. Ce qui, à terme, conduit à des niveaux de qualité de l’air intérieur équivalents à ceux d’une grande ville polluée. Sans compter que ces COV finissent par s’échapper et constituent ainsi une source importante de pollution atmosphérique au même titre que les transports. Cette relation jusque-là sous-explorée entre les tâches ménagères et la pollution a été au centre des préoccupations lors de la réunion annuelle de l’AAAS* 2019 à Washington.

Le logement doit être ventilé et bien aéré

« Les maisons n’ont jamais été considérées comme une source importante de pollution de l’air extérieur et le moment est venu de commencer à explorer ce lien. », explique le Pr Marina Vance. « Nous voulions savoir : comment des activités domestiques de base telles que la cuisine et le nettoyage modifient-elles la chimie d’une maison ? » Les chercheurs ont utilisé des capteurs pour surveiller la qualité de l’air intérieur d’une maison préfabriquée sur le campus de leur université et pendant un mois, ils ont mené une variété d’activités ménagères quotidiennes, y compris la préparation d’un dîner de Thanksgiving qui inclut des méthodes de cuisson comme la grillade et le rôtissage.

« Même le simple fait de faire griller du pain a soulevé des niveaux de particules fines beaucoup plus élevés que prévu. », ajoute le Pr Marina Vance. Bien que les résultats de l’expérience soient toujours en attente, les chercheurs ont déclaré qu’il est important que les maisons soient bien ventilées pendant la cuisson et le nettoyage, car même la réalisation de tâches élémentaires telles que faire bouillir de l’eau sur une cuisinière peut contribuer à la fabrication de niveaux élevés de polluants atmosphériques gazeux et de particules fines en suspension, avec des impacts sur la santé. En effet, certaines particules sont si petites qu’elles peuvent franchir la barrière pulmonaire et entrer dans la circulation sanguine.

Selon le ministère de l’Ecologie, une mauvaise qualité de l’air peut favoriser l’émergence de symptômes tels que maux de tête, fatigue, irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau, vertiges ainsi que les manifestations allergiques et l’asthme. « En France on estime à 19 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur. », explique-t-il. Celui-ci a mis en place le test en ligne « Un bon air chez moi » qui permet, à partir d’une série de questions, d’avoir un premier bilan de la qualité de l’air dans son logement et d’identifier des solutions pour l’améliorer, qu’il s’agisse de comportements (ouverture des fenêtres, usage de certains produits) ou d’amélioration de l’habitat.

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