lundi , 24 juin 2019
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LREM choisit ses candidats aux municipales (et ça grince déjà à Paris)

AFP

Stanislas Guérini, délégué général de LREM, a supervisé l’installation d’une Commission nationale d’investiture pour les municipales de 2020.

POLITIQUE – Ragaillardis par des résultats moins mauvais que redoutés aux élections européennes, les Marcheurs s’attellent désormais activement à la préparation des municipales de 2020. Tandis que la campagne fait déjà rage entre les candidats à l’investiture à Paris, le parti présidentiel a officiellement installé ce lundi 3 juin sa Commission nationale d’investiture (CNI).

Officiellement, c’est elle qui désignera dans les semaines et les mois qui viennent les champions de LREM pour partir à l’assaut des communes. Officieusement, tout le monde convient que le président de la République, Emmanuel Macron, aura son mot à dire sur les noms des principaux candidats. Un scénario qui laisse planer comme un doute sur l’impartialité des décisions à venir.

Julien Denormandie pointé du doigt

Afin de calmer les ardeurs des uns et lever les doutes des autres, le patron de LREM, Stanislas Guérini, avait promis une CNI à la composition “irréprochable”, notamment à l’occasion d’une réunion de calage le 28 mai avec les principaux candidats parisiens à l’investiture.

Fidèle au “et de droite et de gauche” cher au chef de l’État, c’est donc un duo bicolore qui a été choisi pour piloter les travaux de la CNI: d’un côté, la députée Marie Guévenoux, ex-juppéiste proche d’Édouard Philippe; de l’autre, le sénateur Alain Richard, ancien socialiste. À leurs côtés travailleront 14 personnalités, dont l’ancien ministre de Jacques Chirac Dominique Perben, l’actuel ministre Julien Denormandie, le fondateur du groupe SOS Jean-Marc Borello, la députée Marie Lebec, le maire (ex-LR) de Vesoul Alain Chrétien…

“Aucun membre de la CNI n’est impliqué dans les questions parisiennes”, a plaidé le numéro 2 du parti Pierre Person pour montrer patte blanche. Aucun? Ce n’est pas ce que pense le candidat Cédric Villani qui a immédiatement relevé la présence au sein de la CNI du ministre Julien Denormandie, soutien officiel… de son rival Benjamin Griveaux.

“Je suis convaincu que Benjamin Griveaux sera aujourd’hui le meilleur candidat pour porter le projet de la République en marche. Je le soutiendrai dans sa campagne à l’investiture”, avait notamment déclaré début avril le ministre du Logement sur LCI.

Critiquant une “composition partiale de la CNI”, l’entourage de Cédric Villani réclame des explications ainsi qu’un “droit de retrait” des membres de la CNI juges et parties lorsque les dossiers parisiens seront examinés.

Dans la journée, le même Cédric Villani s’était fendu d’une lettre adressée au directeur général de LREM pour demander qu’une “part significative de militants tirés au sort” soient intégrée à la CNI. 

Désaccords sur le calendrier des nominations

Dans cette lettre, que Le 4Suisse a pu consulter, le député-mathématicien s’étonne qu’un quelconque choix puisse être fait alors que prévalait jusqu’alors le principe de “proposer une base programmatique collective avant de choisir le candidat”. À ce titre, Cédric Villani réclame un report de la désignation du candidat macroniste.

Lors de la réunion de calage du 28 mai, Stanislas Guérini a en effet fait savoir que le candidat parisien serait nommé avant la fin de la première semaine de juillet. Un calendrier défendu par le candidat Benjamin Griveaux, perçu comme le favori de cette désignation interne. Soucieux de partir très tôt en campagne contre Anne Hidalgo et de battre le fer encore chaud des bons résultats européens enregistrés par les Marcheurs dans la capitale, l’ancien porte-parole du gouvernement met en avant l’impératif de lever des fonds et la nécessité de partir tôt pour nouer des alliances. Selon le calendrier prévisionnel, les têtes de liste d’arrondissement ne seraient désignées qu’à l’automne 2019.

Un calendrier que ne soutiennent pas les autres candidats, qui espèrent encore un coup d’éclat sondagier pour faire la différence. “D’un point de vue médiatique, c’est plus intéressant de commencer en septembre au moment où les Parisiens sont en train de commencer à penser aux municipales”, estime la candidate Anne Lebreton, quand Mounir Mahjoubi juge “mieux” de trancher après la pause estivale, le temps de “laisser les campagnes émerger”. Dernier candidat déclaré, Hugues Renson plaide aussi en faveur d’une décision en septembre.

Grand oral devant la CNI

Quel que soit le calendrier arrêté, la procédure d’investiture devrait respecter un ordre précis. Chaque candidat passera une audition devant la CNI, après avoir présenté un CV, une note de stratégie politique pour le 1er et 2e tour, une note sur le projet pour Paris et un engagement sur l’honneur de soutenir le candidat désigné. 

Si chacun s’accorde sur le principe de ce grand oral, certains candidats attendent d’en savoir plus sur la “neutralité du processus” avant de s’engager à soutenir qui que ce soit. Une méfiance qui témoigne des doutes qui agitent les uns et les autres quant à l’issue de cette désignation.

Sur quels critères le champion LREM sera-t-il choisi? Sur son projet, sa capacité à fédérer mais surtout, répondent-ils tous, sur sa capacité à l’emporter.


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