dimanche , 16 juin 2019
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Mehdi Nemmouche condamné à la prison à perpétuité pour la tuerie du musée juif de Bruxelles

TERRORISME – Sans surprise, Mehdi Nemmouche a été condamné ce lundi 11 mars à une peine de prison à perpétuité pour les quatre « assassinats terroristes » perpétrés en mai 2014 au Musée juif de la capitale belge dont il a été reconnu coupable.

L’issue de ce procès fleuve, dont les débats ont duré du 10 janvier au 5 mars avec une centaine de témoins convoqués à la barre, laissait peu de place au doute. La peine de prison à perpétuité avait été requise par le parquet à l’encontre du jihadiste français.

« Ce qu’on vous demande, sans la moindre hésitation, c’est de condamner Mehdi Nemmouche à la réclusion à perpétuité », avait déclaré l’avocat général, Yves Moreau, qualifiant l’accusé de « psychopathe » et de « lâche », au cours de son réquisitoire.

Son co-accusé Nacer Bendrer, un délinquant marseillais coupable de lui avoir fourni les armes, a écopé d’une peine de 15 ans de réclusion, a aussi annoncé la présidente de la cour. Leurs peines sont assorties d' »une mise à disposition » à la justice pour une durée de 15 ans pour Nemmouche et de 5 ans pour Bendrer. Cette mesure permet une surveillance judiciaire au-delà de la peine principale.

Les 12 jurés avaient estimé dès jeudi que Nemmouche, 33 ans, et Bendrer, 30 ans, étaient tous deux auteurs de la tuerie, mais ce n’est que lundi, après un dernier débat entre accusation et défense, que les peines, qui seront purgées en France, ont été prononcées.

Preuves accablantes

Mehdi Nemmouche, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, a été reconnu coupable d’avoir abattu, le 24 mai 2014 au Musée juif, les Israéliens Miriam et Emmanuel Riva, 53 et 54 ans, ainsi qu’un employé belge de 26 ans, Alexandre Strens, et une bénévole française de 66 ans, Dominique Sabrier.

Concernant Bendrer, le jury a souligné l' »aide indispensable » concrétisée par la remise des armes et des munitions, sans laquelle Nemmouche n’aurait pu exécuter son quadruple assassinat. Les avocats du Marseillais avaient réclamé une peine de 15 ans maximum, implorant la « miséricorde » de la cour pour un homme « qui n’a tiré sur personne ».

Jeudi, jurés et magistrats professionnels avaient « écarté » la thèse des conseils de Nemmouche, qui le disaient victime d’un « piège » de supposés agents des services iraniens ou libanais pour lui faire porter la responsabilité de la tuerie. « Des carabistouilles ! », a appuyé lundi Yves Moreau.

« Si vous nous dites aujourd’hui qu’en Belgique, on peut être un terroriste sans être condamné très sévèrement, alors il ne faudra pas s’étonner de voir des gens débarquer chez nous avec des bombes ou des armes de guerre dans leurs valises », a-t-il insisté.

Le verdict de culpabilité retient les preuves de l’enquête accablant Nemmouche, comme son ADN ou ses empreintes sur les armes, ou encore les vidéos de revendication.

Il s’agit, selon l’accusation, du premier attentat commis en Europe par un jihadiste de retour de Syrie, où Nemmouche avait combattu dans les rangs du groupe Etat islamique (EI) entre janvier 2013 et février 2014.

Ce natif de Roubaix (nord de la France) avait été arrêté à Marseille (sud) le 30 mai 2014, six jours après la tuerie, en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov. Me Michèle Hirsch, représentant une partie civile, a insisté sur l’importance du témoignage au procès de deux journalistes otages en Syrie ayant reconnu en Nemmouche un de leurs geôliers.

Le récit de cette séquestration -objet d’une procédure distincte en France- a, selon l’avocate, montré que Nemmouche appartenait à « la même meute » que les auteurs des attentats de Paris et Bruxelles de 2015-2016, revendiqués par l’EI.


Première apparition

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