jeudi , 22 août 2019
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Nitrates, pesticides : comment préserver la qualité de l’eau potable ?

Pour l’association de consommateurs UFC-Que choisir, la qualité de l’eau du robinet s’améliore légèrement. Mais beaucoup de progrès restent à faire, alors que se déroulent actuellement les deuxièmes Assises de l’eau. 

Les différentes lois sur la qualité de l’eau, qui se sont succédées ces dernières années, n’ont pas réellement atteint leur but. « Le constat, c’est qu’il n’y a pas de constat », regrette Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir.

Pour l’association de consommateurs, aucune évaluation sérieuse des différentes mesures sensées protéger les ressources en eau n’a été effectué jusqu’à présent. Que Choisir a donc pris les devants et publie aujourd’hui, jeudi 28 mars 2019, sa propre enquête.

L’étude porte sur 102 captages d’eau, répartis sur l’ensemble du territoire. Un captage est un lieu de pompage, soit dans la nappe phréatique, soit dans un cours d’eau. Le Grenelle de l’environnement, qui s’est déroulé en 2007, avait identifié 1000 captages prioritaires, particulièrement exposés à des pollutions industrielles, agricoles ou domestiques. 

L’enquête de Que Choisir montre que, sur un échantillon représentatif de ces points sensibles, la pollution a eu tendance à baisser. La baisse est très nette (- 50 % entre 1998 et 2016) pour les orthophosphates issus des lessives. En ce qui concerne les polluants d’origine agricoles, les nitrates ont baissé de 11 % et les pesticides de 12 %. 

Globalement, la qualité de l’eau s’est améliorée dans deux cas sur trois, elle s’est stabilisée dans 1 cas sur 4. Mais sur 11 captages, pourtant considérés comme prioritaires, la pollution s’est aggravée. 

Pour les pesticides, les normes fixées pour l’eau potable pompée dans les nappes phréatiques sont dépassées sur un tiers du territoire français. Pour les nitrates, la réglementation n’est pas respectée dans 43 % des nappes phréatiques.

L’UFC-Que choisir tire de ce constat un certain nombre d’enseignements :

– Lorsque les communes gèrent elles-mêmes la qualité de leur eau, le résultat est meilleur.

– Les mesures obligatoires sont trois fois plus efficaces que lorsque la qualité de l’eau dépend de la bonne volonté des différents acteurs, agricoles notamment.

– Des analyses plus fréquentes des teneurs en pesticides (au-moins deux fois par an) incitent davantage à la vigilance.

– Contre la pollution aux nitrates, l’installation de haies et de bandes herbeuses pour retenir le ruissellement de l’eau de pluie est une mesure réellement efficace.

– Ajuster les doses d’engrais azotés, en fonction de la nature du sol plus ou moins perméable, permet de diviser par deux la pollution par les nitrates.

L’UFC-Que choisir propose de renforcer la réglementation, le dispositif actuel étant largement insuffisant. L’association continue de réclamer un état des lieux de la qualité de l’eau dans les 35 000 captages du territoire français. 

Elle invite également le gouvernement à appliquer le principe « pollueur-payeur ». Le traitement de l’eau coûte, en effet, chaque année entre 750 millions et 1,3 milliards d’euros. Une somme énorme, injustement supportée par les consommateurs via leur facture d’eau.  

 

 

 


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