jeudi , 22 août 2019
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« On est très loin d’un accord »


Pour la première fois depuis l’échec en mai des négociations, lorsque Donald Trump avait accusé Pékin d’avoir manqué à ses engagements, les négociateurs chinois et américains se retrouveront en face-à-face, cette semaine en Chine, pour de nouveaux pourparlers sur la guerre commerciale. Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a d’ores et déjà prévenu qu’il restait de nombreux problèmes à régler.

Pour Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Finance et invité de la matinale de BFM Business, on est en effet très loin d’un accord. « Ce qui était sur la table et qui a suscité les tensions et l’arrêt des négociations en juin reste sur la table, c’est-à-dire le sujet technologique et l’application d’un éventuel accord, les fameuses règles que les Américains veulent voir imposer dans le système juridique chinois et dont les Chinois ne veulent absolument pas car ce serait un retour à l’époque coloniale. Les deux parties ont au moins décidé de se parler à nouveau, c’est un premier pas », souligne-t-il.

L’administration américaine affirmait pourtant, il y a quelques semaines, qu’un accord était trouvé à 90%. « Ces fameux 90%, c’est tout ce qui concerne l’argent. Les Chinois ont toujours dit que tant que ce n’était qu’une affaire d’argent, ça allait s’arranger. S’il s’agit d’acheter plus de produits agricoles, même plus de produits technologiques, plus de voitures américaines, il n’y aura pas de problème. En revanche, dès lors qu’on remet en cause le modèle de développement chinois, ce qui vise à reprendre cette place d’empire du Milieu au centre de l’économie mondiale, il y a un vrai problème. Ces 10% restants sont les plus durs à avoir », explique Wilfrid Galand.

Bientôt la France ?

« Le problème, c’est qu’on est sur un sujet au moins aussi politique qu’économique. Donald Trump a besoin des Chinois pour montrer qu’il est un président fort, ne se laisse pas dicter sa conduite et met l’Amérique au-delà des considérations bassement matérielles, parce qu’il est en campagne électorale permanente et qu’on est en pleine primaire démocrate. Les Chinois, de l’autre côté, ont besoin de montrer qu’ils sont forts, qu’ils ne veulent pas retourner dans une posture de dominant-dominé par rapport aux Etats-Unis », poursuit-il.

Après la Chine, la France ? Donald Trump, en réponse à la « taxe Gafa », menace de taxer le vin français. « Donald Trump a longtemps été de l’avis qu’il fallait remettre au pas les géants du numérique, mais il s’agit là de défendre les intérêts américains, de ne pas laisser un autre pays mettre en doute la domination économique américaine. Taxer les Gafa oui, mais les taxer par les Américains. Il faut espérer un accord général au G20 pour avancer sur cette question, sans qu’on ouvre un nouveau front de guerre commerciale. On sait que les yeux de Donald Trump sont largement tournés vers l’Europe. Après la Chine, il y a des chances qu’on y passe », observe Wilfrid Galand.




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