vendredi , 23 août 2019
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Paralysée par les manifestations, Hong Kong reporte un texte controversé


Face à la pression de la rue, les autorités de Hong Kong font un pas de côté. Le gouvernement de la Région a reporté ce mercredi l’examen d’un projet de loi controversé visant à autoriser les extraditions vers la Chine, alors que des dizaines de milliers de manifestants bloquaient plusieurs artères principales au cœur de la ville pour dire leur refus du texte.

Des milliers de protestataires vêtus de noir, pour la plupart des jeunes gens, encerclaient les bâtiments du gouvernement et paralysaient la circulation, tandis que la Bourse de ce haut lieu de la finance internationale reculait de plus de 1,5%.

Report à une « date ultérieure »

Les rangées de policiers anti-émeutes déployées pour l’occasion, portant pour bon nombre d’entre eux des masques, des casques et des lunettes de protection, étaient bien moins nombreux que les manifestants.

Ces derniers s’étaient mobilisés en vue de l’examen en deuxième lecture par le Conseil législatif (Legco, le Parlement) du projet de loi. Mais alors que les foules continuaient d’enfler, le président de cette assemblée dominée par les députés pro-Pékin a annoncé que les débats étaient reportés à une « date ultérieure ».

Plus grande manifestation depuis 1997

Comme en écho à l’immense mouvement pro-démocratie de l’automne 2014 qui avait paralysé des quartiers entiers de la mégapole pendant plus de deux mois, les manifestants ont envahi des voies principales de circulation du centre-ville, bloquées à l’aide de barrières métalliques. 

Des policiers gardant le LegCo ont fait usage de gaz au poivre et de canons à eau à l’encontre des manifestants, brandissant également des pancartes pour les avertir qu’ils étaient prêts à utiliser la force en cas d’assaut de la foule.

L’ancienne colonie britannique fut le théâtre dimanche de la plus importante manifestation jamais organisée depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, réunissant selon les organisateurs un million de personnes.

Semi-autonomie menacée?

Mais cette mobilisation spectaculaire dans une ville de sept millions d’habitants n’avait pas fait bouger la cheffe du gouvernement local Carrie Lam, qui a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi. Elle a également mis en garde l’opposition contre toute « action radicale ». 

Le texte a suscité les critiques de pays occidentaux ainsi qu’une levée de boucliers de Hongkongais qui redoutent une justice chinoise opaque et politisée, et pensent que cette réforme nuira à l’image internationale et l’attractivité du territoire semi-autonome.

Au terme de l’accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à son retour dans le giron chinois, Hong Kong jouit d’une semi-autonomie et de libertés n’existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu’en 2047.

Hymne national hué

La ville est cependant depuis une dizaine d’années le théâtre d’une forte agitation politique en raison de l’inquiétude générée par l’ingérence grandissante de Pékin dans ses affaires intérieures, et par le sentiment que le fameux principe « Un pays, deux systèmes » n’est plus respecté.

Plus d’une centaine d’entreprises et de commerces ont annoncé leur fermeture ce mercredi en signe de solidarité avec les opposants au texte. Les principaux syndicats étudiants ont appelé au boycottage des cours pour permettre aux élèves de participer à la protestation. 

Des enseignants, infirmières et travailleurs sociaux ont également fait part de leur volonté de cesser le travail dans ce territoire où les grèves sont rares.  Des supporteurs de football hongkongais ont hué l’hymne national chinois lors d’un match à domicile contre Taïwan mardi soir. 




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