lundi , 28 septembre 2020
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Ces parents qui laissent leur enfant, petit ou grand, partir à l’aventure pour la première fois

Chaque année, c’est la même rengaine. Des enfants de tout âge partent à l’aventure : en colo, en séjour linguistique voire en road trip (quand le Covid n’est pas de la partie). À des kilomètres de là, leurs parents partagent eux aussi l’expérience. Le stress en plus.

L’été, la période des premières fois. L’heure aussi des enfants qui quittent le nid, entre excitation et un poil de stress. Et les parents dans l’histoire ? Comment préparent-ils le départ de leur petit ou grand bébé ? Comment vivent-ils l’éloignement ? En dehors de toute pandémie, qu’on se le dise, la situation n’est pas toujours simple à gérer. Alors, ajoutez-y le coronavirus et vous ne devriez pas être étonné de vous provoquer quelques ulcères… Mais comme l’expérience forme les enfants, on oublie ses angoisses le temps de quelques jours (ou semaines). L’an dernier, Madame Figaro avait interrogé ces mères et pères, quelque peu inquiets à l’idée de laisser voler de leurs propres ailes leurs progénitures. Parfois même, à des milliers de kilomètres.

L’heure du départ

«On garde toujours en tête certains faits divers : les accidents de bus, les noyades… On ne peut pas s’empêcher d’y penser», confie Séverine. Il y a deux ans, Joséphine, sa fille de six ans, a quitté le cocon familial pour rejoindre une colonie de vacances dans la Loire. Durée du séjour : cinq jours. «C’était la première fois qu’elle voyageait hors cadre familial. Heureusement, j’étais rassurée car elle partait avec son centre de loisirs habituel et des gens qu’elle avait fréquentés toute l’année. Cela ne m’a pas empêchée de verser ma petite larme derrière les lunettes de soleil», raconte Séverine. Quid de Joséphine ? «Elle s’en est totalement moquée et ne nous a même pas prêté attention.»

Virginie a, elle aussi, envoyé sa fille aînée Valentine en «colo» il y a quelques années. Mais pour sa cadette, Juliette, âgée de 12 ans, pas question de réitérer l’expérience. «Pour ma grande, j’ai beaucoup appréhendé de l’envoyer en colonie car elle ne connaissait pas les enfants. Finalement, l’intégration a été compliquée.»

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Prendre en compte la puberté

Virginie est donc plus apaisée à l’idée de voir Juliette partir en camp scout une semaine à Jambville (Yvelines). «C’est bordé. Le cadre est structuré : il y a des médecins sur place, je connais bien les cheftaines et l’état d’esprit me rassure. Là-bas, on cherche à faire grandir les enfants et à créer du lien social.» Seule inquiétude ? Les pépins de santé de Juliette. «Elle a des problèmes ligamentaires. Le médecin a donné son approbation même s’il faut qu’elle évite les randonnées et qu’elle se méfie des insectes, notamment les tiques. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle ne reste qu’une semaine à son camp.»

Qui plus est, Virginie craint que sa fille souffre de la canicule. «Elle n’a pas emporté de short, elle n’a que des pantalons longs, même si elle peut très bien les couper.» Son sac, c’est Juliette elle-même qui l’a préparé. «Je n’ai pas eu envie de lui mettre la pression, explique Virginie. C’est une ado débrouillarde : je pense donc qu’elle n’a rien oublié. Après, la puberté est arrivée cette année. Le fait d’avoir ses règles lors du camp l’angoissait un petit peu, je pense qu’elle a pris ses précautions.»

« On n’est jamais vraiment sereine »

Jeune fille dans l'aéroport

La case aéroport s’avère souvent plus problématique que prévu.

Getty Images

Comme Virginie, Caroline a déjà laissé sa fille, Margaux, partir plusieurs fois en camp scout. Mais pour la première fois, l’adolescente de 16 ans va s’envoler à des kilomètres de chez ses parents. Direction le Canada. «Elle est partie trois semaines : deux semaines chez des amis, une semaine dans une colo à l’américaine où elle campait dans la nature et où elle a pu faire pleins d’activités nautiques : paddle, canoé…» Pour autant, aucune raison de se faire du souci. Caroline observe : «Tout est hyper organisé, il n’y avait aucun risque. Mon ressenti aurait sans doute été différent s’il s’agissait d’un plan baroude.»

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Si savoir Margaux loin d’elle n’a pas effrayé Caroline, les coups de stress ne sont jamais bien loin. «Avec mon mari, on a accompagné Margaux jusqu’à ce qu’elle passe la sécurité de l’aéroport. Et là, la surprise ! On avait oublié l’autorisation de sortie du territoire, obligatoire pour les mineurs.» Par chance, l’affaire est réglée sur place. Mais la case aéroport peut parfois s’avérer plus problématique que prévu. C’est ce qu’a vécu Laura, la fille de Stéphanie, en rejoignant la campagne californienne fin juin. Là-bas, la jeune femme de 20 ans a prévu de s’engager dans un projet humanitaire qui vise à alphabétiser des migrants sud-américains. Logée gratuitement, elle offre en contrepartie cinq demi-journées de travail par semaine. Au programme : du jardinage, la culture du potager ou encore la production d’huile d’olive.

«Son vol faisait escale à Dublin. Arrivée en Irlande, elle a subi des contrôles de l’immigration américaine. Mais elle n’a pas bien expliqué la raison de voyage, elle s’est emmêlée les pinceaux et les autorités ont fini par la trouver suspecte», retrace Stéphanie. Après plusieurs interrogatoires, la situation s’arrange, Laura est parvenue à gérer seule le problème. Trop tard néanmoins pour attraper son avion. «Heureusement, elle s’est débrouillée pour être replacée sur un autre vol le lendemain et être hébergée dans un hôtel durant la nuit.» Avant le départ, histoire que tout se passe au mieux, quelques règles ont été fixées au préalable entre Laura et sa mère : celle notamment de ne pas se promener seule dans la nature et de toujours prévenir quelqu’un quand elle va quelque part. «Qu’on sache où la trouver si jamais on ne la voyait pas revenir. On n’est jamais vraiment sereine et les séries télé n’aident pas !», assure Stéphanie qui a des nouvelles de sa fille tous les deux jours sur WhatsApp.

Tout dépend du caractère

Jeune fille en voyage

Les voyages sont l’occasion de partager d’autres cultures et souvent d’évoluer.

Getty Images

«C’est certain, avec les moyens de communication, on a l’impression que nos enfants ne sont pas loin», estime Caroline. Sa fille Margaux l’a appelée de temps à autre, histoire de donner quelques nouvelles. Sauf lors de son summer camp où les téléphones n’étaient pas au rendez-vous. Quant à Séverine, l’absence de Joséphine était plus difficile à gérer. D’autant qu’elle n’a eu aucune nouvelle de sa petite fille pendant les cinq jours de vacances. «Je la savais bien entourée, mais j’étais hyper pressée de la revoir. Lors des retrouvailles, on a eu le droit qu’à un petit salut. Comme si on s’était vues la veille. Je m’attendais à plus d’effusions», avoue-t-elle en riant.

De son côté, Caroline l’assure : laisser partir ses enfants dépend de leur caractère. «Alors que je n’ai presque pas stressé quand Margaux était aux États-Unis, je l’étais beaucoup plus lorsque mon fils de quatorze ans est parti faire un camp de voile en Bretagne, affirme-t-elle. Comme il est tête en l’air, je lui envoyais des textos tout le temps pour être sûre qu’il n’ait pas oublié l’horaire de son train par exemple.» Même son de cloche chez Stéphanie, rassurée par la débrouillardise de sa fille. À tel point que lorsque Laura l’a prévenue qu’elle comptait raccourcir son séjour californien et finir son voyage au Costa Rica, elle n’a pas paniqué. «Ayant moi-même une âme aventurière, je l’ai peu à peu formée à voyager seule. Elle s’était bien renseignée avant de changer de plan : donc, pourquoi pas !» Toujours est-il que Séverine, Caroline, Virginie et Stéphanie sont unanimes : leur enfant est sorti «changé», voire «grandi» de l’aventure.

*Cet article, initialement publié le 26 juillet 2019, a fait l’objet d’une mise à jour.

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