lundi , 28 septembre 2020
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Cindy Bruna : « Je n’ai jamais perdu pied, car je sais d’où je viens »

Pour son premier shooting post déconfinement, la top star française a choisi d’enchanter notre spécial mode. Heureuse de renouer avec un métier qu’elle exerce avec passion et des engagements qui font d’elle une ambassadrice d’exception. Pour nous, elle sublime les plus belles tendances de la saison.

Sous un grand manteau griffé Stella McCartney, on devine les jambes longilignes qui font son succès sur les podiums des Fashion Weeks. Pour le shooting de notre Spécial mode, elle plante ses grands yeux noirs dans l’objectif et affiche un large sourire. Quelques semaines après la sortie du confinement, Cindy Bruna se déhanche sur notre plateau photo, au rythme de To Let Myself, de The Avener, ne boudant visiblement pas son plaisir d’avoir retrouvé le chemin de ses activités de top. Pourtant, quelques minutes plus tôt, dans le salon où on la prépare, elle nous confie avoir particulièrement apprécié les derniers mois. Une pause forcée, mais d’autant plus savourée qu’elle vit à deux cents à l’heure.

Toujours entre deux avions, la mannequin française se partage entre deux ports d’attache : Paris et New York. «J’étais aux États-Unis le 14 mars. Dès le lendemain matin, j’ai sauté dans un avion pour rejoindre ma famille en France.» Direction Auxerre, chez Christie, sa sœur aînée, avec ses neveux, sa grand-mère et sa maman – quatre générations réunies. Deux mois de pur bonheur, pendant lesquels Cindy a rangé les stilettos pour jouer à la maîtresse d’école, cuisiner, méditer et garder la forme – en visio avec Dogpound, sa salle de sport new-yorkaise. Fidèle à ses valeurs familiales de partage et de convivialité.

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En vidéo, la cover story de Cindy Bruna

La tête dans les étoiles, les pieds sur terre

Cindy Bruna est peut-être une star de la planète Mode, elle a su rester elle-même, et elle se livre à nous en toute simplicité, nous confiant aimer passer du bon temps avec ses amis, comme toutes les filles de son âge… ou presque. Car les siens s’appellent Neymar, Mbappé et Verratti, les attaquants du PSG avec qui elle a fêté ses 25 ans en septembre dernier. «Dans notre milieu, on ne voit que le côté glamour, mais derrière se cache un vrai métier qui demande de la discipline et de l’endurance. Je n’ai jamais perdu pied, car je sais d’où je viens.»

Un père d’origine piémontaise, agriculteur et berger ; une mère congolaise, qui travaille dur pour élever ses enfants ; une enfance modeste, dans le sud de la France, à Saint-Raphaël. Jusqu’au jour où la jeune fille est repérée sur une plage par Dominique Savri, de l’agence Metropolitan, impressionnée par ses jambes démesurées qui frôlent les 1,10 m. Elle a 15 ans, ne connaît rien à la mode. Elle ignore même que «mannequin est une profession à temps plein», ironise-t-elle. Sa mère est tout aussi réticente, n’envisageant pas que sa cadette arrête prématurément ses études. Cindy commence donc par travailler pendant les vacances scolaires et rencontre Azzedine Alaïa, qui lui donne l’envie de poursuivre l’aventure. Son bac ES en poche, elle s’envole pour New York, où elle devient la première métisse à décrocher une exclusivité avec Calvin Klein. Elle enchaîne par une collaboration de six mois avec le photographe Steven Meisel, qui lui offre la une du Vogue italien et une campagne pour Prada. Sa carrière est lancée. Les grands se la disputent, de Jean Paul Gaultier à Elie Saab, en passant par Balmain et Chanel.

Un visage et une voix

Un conseil à donner à une adolescente tentée par le mannequinat ? «S’entourer de gens bienveillants sur qui l’on peut se reposer, car on ne fait pas carrière seule. L’important n’est pas la renommée de l’agent, mais la confiance qu’on lui accorde.» Résultat : elle est une top-modèle au firmament, qui, après avoir signé une collection avec Majestic Filatures en début d’année, vient d’être choisie comme égérie par L’Oréal Paris. À ses yeux, une consécration, un honneur d’avoir rejoint ce cercle très fermé. «Eva Longoria, Viola Davis, Leïla Bekhti sont des femmes sublimes qui m’inspirent, ajoute-t-elle. Aujourd’hui, je donne à L’Oréal mon visage, mais aussi ma voix, mes valeurs et mes idées.» Et les siennes sont engagées. Entre autres, contre la violence faite aux femmes, via Solidarité Femmes, une fédération qui regroupe 67 associations et dont elle est l’ambassadrice.

À propos de la décision de L’Oréal d’interdire les mots «blanchiment», «blanc» et «clair» de ses packagings, elle applaudit. «Le message est fort, dit-elle. Ce culte de la peau blanche a eu des conséquences dramatiques. Heureusement, elle n’est plus synonyme de beauté. On est à l’ère de la diversité. Quand on ouvre un magazine, on veut voir toutes sortes de femmes.» Le monde d’après ? Cindy Bruna estime qu’il sera difficile de ralentir le rythme car c’est tout le sel de son métier. Mais elle va tenter de mieux profiter de l’instant présent, ce qu’elle a, dit-elle, «eu le plus de mal à faire depuis le début de sa carrière. L’industrie de la mode doit aussi tirer les leçons de cette quarantaine. Peut-être est-il temps de s’attacher davantage à la créativité des designers qu’à une productivité à tout va ?»

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