vendredi , 25 septembre 2020
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Maïa Mazaurette, chroniques d’une « sexperte » qui envoûte la télé

On la retrouve en bas de chez elle, dans le 11e arrondissement. Maïa Mazaurette n’a pas de café à nous conseiller. Elle débarque à peine en France, et doit retrouver ses repères, après six ans à sillonner New York. On se pose finalement dans un bistrot de quartier au mobilier chiné. Maïa Mazaurette passe commande : «Un gros thé chaud s’il vous plaît». Pour la nouvelle chroniqueuse de «Quotidien», spécialiste de la sexualité, l’acclimatation est encore difficile car voilà plus d’une décennie qu’elle vivait à l’étranger. La montée de la violence aux États-Unis, Donald Trump aussi – dont elle craint la réélection -, et l’opportunité de rejoindre la bande de Yann Barthès l’a reconduite sur le chemin de son Paris natal, dans le même appartement qu’elle occupait il y a quatorze ans. Avant l’expatriation.

Âme d’expatriée

Berlin, Copenhague, New York… Maïa Mazaurette, 42 ans, a la bougeotte. Mais surtout, elle aime la vie à l’étranger, «le multiculturalisme», «le fait de parler une autre langue que le français». Alors, forcément, revenir en France l’effraie. «J’ai peur de perdre une partie de moi-même, avoue-t-elle. J’ai passé toute ma vie d’adulte à l’étranger. Psychologiquement, quand on a construit comme moi son identité sur le fait d’être expat’ et que tout d’un coup on ne l’a plus, le vide est immense. Même si « Quotidien » me donne une identité de rechange – celle de chroniqueuse télé -, je n’ai pas encore fait la paix avec le fait d’être rentrée.» Une transition d’autant plus grande qu’elle a passé des années à vadrouiller partout dans le monde. Le luxe des métiers du web où travailler depuis les plages de Bali devient possible. Mais cette liberté a un prix : la solitude, parfois pesante, qui a conduit Maïa Mazaurette à écrire des tas d’essais, nouvelles et romans.

Pour l’année à venir, Maïa Mazaurette compte donc bien rattraper le temps perdu, entourée des chroniqueurs de «Quotidien». Sa mission : analyser les nouveaux comportements amoureux, les questions liées à l’identité, au genre et au sexe dans une pastille destinée aux ados et aux adultes. Nouvelle recrue, la «sexperte» n’est pas inconnue des spectateurs talk de TMC qui l’ont découverte pendant le confinement. En duplex de Brooklyn, où elle résidait encore, Maïa Mazaurette répondait à coups de chiffres et de statistiques à des questions telles que «comment booster sa libido ?». Un format décomplexant qui a convaincu Bangumi, qui produit «Quotidien». «C’est un sacré challenge mais que j’ai envie de relever. Je préfère échouer que ne pas le faire.» Sans enfant (et c’est un choix), elle n’a pas peur des nuits trop courtes.

« Aucun tabou »

Maïa Mazaurette

Maïa Mazaurette a vécu six ans à New York.

Michael Hull Photo

Il aura suffi d’une chronique pour que la presse s’emballe. Mardi 1er septembre, l’équipe de «Quotidien» recevait Marina Foïs et Jonathan Cohen, venus faire la promotion de la comédie Énorme. L’histoire ? «Un homme fait un bébé dans le dos de la femme qu’il aime alors qu’elle n’en veut pas.» Un scénario qui n’a pas manqué de faire tiquer Maïa Mazaurette : «Marine, Jonathan, franchement, je ne vous remercie pas. En fait, vous avez failli briser mon couple avec votre histoire de grossesse imposée (…) Légalement, il n’y a pas de qualification pénale pour la fécondation forcée mais il y a entrave à l’IVG [interruption volontaire de grossesse, NDLR] donc deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende, quand même…» Réaction surprise des deux acteurs. «Le malaise», diront d’autres. «Je n’ai rien vu à ce moment-là sur le plateau», nous raconte a posteriori la nouvelle recrue. «Ça a été monté en épingle. On a papoté tous ensemble quand l’émission s’est terminée. Il n’y a eu aucun problème, à part que Marina Foïs a été surprise d’apprendre ces sanctions. Mais c’est nul de se payer ce genre de bad buzz, surtout quand on a aimé le film.» Mais Maïa Mazaurette le sait, elle peut compter sur le soutien de Yann Barthès, «une crème absolue».




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