mercredi , 27 mai 2020
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Qui est Laetitia Avia, la députée accusée d' »horrifier » ses assistants parlementaires ?

Elle a rejoint le mouvement En Marche! dès sa création, en avril 2016. Poussée par son mari, poussée par son instinct. Laetitia Avia, 34 ans, connaît Emmanuel Macron depuis une dizaine d’années. Elle le découvre alors qu’elle est juste diplômée de Sciences Po, à la commission Darrois sur les professions du droit – dédiée à la réorganisation au sein des grands métiers de la justice. Elle en est la secrétaire générale, lui, un rapporteur. Ils ne se perdront jamais vraiment de vue ensuite. «Macron suivait, il m’encourageait», confiait-elle à Libération au moment des législatives.

«Je veux vous parler d’une femme, (…) dont les parents, chauffeur bagagiste et aide-soignante, ne s’attendaient pas à ce qu’elle accède à une grande école parisienne, puis devienne avocate, puis travaille dans les cabinets les plus prestigieux, puis fonde son propre cabinet», déclarait en juillet 2017 Édouard Philippe, devant une Assemblée nationale toute ouïe, dans son discours de politique générale. «Cette jeune femme siège aujourd’hui sur vos bancs. Sa réussite est le fruit de son travail, son engagement, de sa ténacité, elle la doit aussi à la décision d’un responsable public, en l’occurrence le directeur de Sciences Po, qui avait quelques années auparavant décidé de bousculer son institution pour l’ouvrir à des formes d’excellence peut-être un peu moins classiques.»

ZEP, gloire et taxi

Laetitia Avia est née en 1985 dans le 93, a grandi à Villetaneuse puis à Saint-Ouen, dans des quartiers d’éducation prioritaire. À l’heure où Sciences Po ouvre ses conventions d’éducation prioritaire (les ZEP Sciences Po), elle fait partie de l’aventure. Fera une année de césure à Toronto puis intègrera McGill, la plus prestigieuse des universités canadiennes. «Je suis aujourd’hui avocate, cofondatrice du cabinet APE Avocats (spécialisé dans les contentieux des affaires, NDLR)», peut-on lire sur son site laetitia-deputee.com. Elle est aussi, depuis le 18 juin 2017, députée de la 8e circonscription de Paris, dans l’est de la capitale, et présidente du bureau exécutif et porte-parole du mouvement La République en marche depuis le 4 janvier 2018.

Au cours de ses nombreux passages médiatiques, elle l’assène et le répète, tout ce qu’elle fait, c’est pour le bien du projet d’Emmanuel Macron. À Libération, elle dit d’ailleurs qu’elle n’a que faire d’une «carrière en politique». Elle a pourtant son heure de gloire. Malgré un premier caillou dans l’escarpin. Le 5 juillet 2017, Le Canard enchaîné rapporte que la députée La République en marche se serait méchamment disputée avec un chauffeur de taxi le 23 juin, aux alentours de 23h30. Lui clame alors qu’elle l’a «mordu à l’épaule», elle se défendrait qu’elle a eu «très peur», qu’elle ne l’a «pas mordu mais attrapé par l’épaule». Selon l’hebdomadaire satirique, Laetitia Avia a fini par porter plainte pour séquestration, le chauffeur pour coups et blessures. Et rien depuis.

Le 28 février 2018, une nouvelle affaire vient frapper la protégée d’Édouard Philippe. L’élue LREM de Paris a reçu un courrier anonyme dans son bureau de l’Assemblée nationale. Quatre phrases extrêmement violentes, mêlant insultes racistes et menaces de mort. «Compte tes jours, on va s’occuper de toi», conclut la lettre tweetée par Laetitia Avia avant de porter plainte. «#NeRienLaisserPasser».

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Des remarques « sexistes, homophobes et racistes »

Aujourd’hui, la députée de Paris fait à nouveau parler d’elle. Dans une enquête publiée sur le site de Mediapart, le mardi 12 mai, et intitulée «Laetitia Avia, la députée LREM qui horrifie ses assistants», d’anciens employés de la femme politique l’accusent, preuves à l’appui, d’humiliations au travail. Celle qui doit concrétiser, ce mercredi 13 mai, le vote final à l’Assemblée nationale de sa loi contre la haine en ligne, se retrouve à nouveau au cœur de la tourmente. Si aucun de ses anciens assistants parlementaires ne l’a poursuivie en justice, certains ont choisi de s’exprimer dans les colonnes du site d’investigation.

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Ils accusent la députée d’avoir tenu certains propos «sexistes, homophobes et racistes». «Tu es un faux Chinois, tu ne maîtrises pas Mac», aurait-elle notamment écrit à un ex-employé d’origine asiatique. La femme politique se fendrait également de remarques sexistes : «Elle insulte souvent les députées qu’elle n’aime pas de « pute », confie l’un de ses ex-collaborateurs, qui a gardé les messages en question. Elle se moque aussi beaucoup de leur physique.» Un autre affirme qu’en trois ans, six personnes ont déjà quitté l’équipe de Laetitia Avia. La députée, elle, se défend : «Il y a un élément sur lequel vraiment je suis sans appel, c’est le racisme, l’homophobie et le sexisme, rétorque-t-elle. Je ne les tolère pas.» Elle a, depuis, décidé de porter plainte pour diffamation et fustigé sur son compte Twitter le «tableau mensonger dépeint par l’article de Mediapart».


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