jeudi , 22 août 2019
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Que manger en cas de maladie de Crohn ?

Quand on souffre d’une inflammation chronique de l’intestin (MICI), ce que l’on met dans son assiette est bien sûr essentiel. Qu’est-ce que le régime sans résidu ? Quels aliments privilégier, particulièrement en cas de crise de la maladie de Crohn ? Conseils d’un gastro-entérologue pour adapter son régime alimentaire.


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La maladie de Crohn alterne périodes de crise (poussée) et d’accalmie (rémission). Une alternance qui a aussi son importance au niveau alimentaire.


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« Il n’y a pas de régime particulier à appliquer lorsque l’on est en phase d’accalmie, explique Denis Constantini, gastro-entérologue et hépatologue à Corbeil-Essonne (Ile-de-France). En période de poussée (diarrhée, maux de ventre), l’objectif des mesures diététiques est de limiter l’irritation du tube digestif et de maintenir un apport optimal en nutriments. »

Le régime sans résidu en période de crise de la maladie

En phase active de la maladie de Crohn, adopter une alimentation pauvre en fibres alimentaires et en lactose (appelée « sans résidus ») est vivement recommandé. Cette diète permet d’améliorer la qualité de vie. Comment ? En diminuant les symptômes, en limitant l’irritation du système digestif, en facilitant le travail de digestion et en gardant ou en restaurant un bon état nutritionnel.

Inclure, si possible, des apports suffisants en protéines, en vitamines, en sels minéraux et oligoéléments pour éviter les carences. Eviter les aliments difficiles à digérer et/ou qui peuvent aggraver l’irritation de l’intestin : sucres simples, graisses et gluten. Chacun doit faire selon sa propre tolérance.

En phase de rémission, il n’est pas utile d’éliminer certains aliments. En revanche, privilégier une alimentation riche en fibres solubles, plus douces pour les intestins.

Quelle que soit la phase de la maladie, c’est à la personne de juger si certains aliments sont moins bien tolérés que d’autres car chaque organisme réagit d’une manière différente.

Des habitudes alimentaires à modifier

En cas de crise de la maladie de Crohn, il peut être nécessaire d’adopter de nouveaux réflexes en matière d’alimentation. Il est recommandé de prendre des repas légers bien répartis dans la journée. Objectif : faciliter la digestion et ne pas trop stimuler les mouvements intestinaux. Trois petits repas et deux à trois collations représentent une bonne base.

  • Manger son plus gros repas le midi et non le soir.
  • A table, prendre le temps de bien mâcher les aliments.
  • Faire bien cuire les fruits et légumes avant de les consommer. Favoriser par exemple les cuissons sans matières grasses au four, à l’eau, à la vapeur… Pour donner plus de goût à vos recettes, utiliser des herbes aromatiques et du lait de coco, par exemple.
  • Privilégier les aliments pauvres en fibres : les fruits pelés et sans pépins (pomme, banane, raisins…) et les légumes pauvres en fibres (carotte, betterave, concombre…), les céréales pauvres en fibres (riz, par exemple), œuf, poisson blanc ou volaille cuit sans graisse.

Maladie de Crohn : le rôle de l’hydratation

En cas de maladie de Crohn, il est primordial de s’hydrater abondamment. En effet, les MICI peuvent, quand la diarrhée est importante, causer une déshydratation. Pour éviter ce désagrément, boire deux litres d’eau par jour en répartissant les prises tout au long de la journée.

Maladie de Crohn et compléments alimentaires

La prise de certains compléments alimentaires est parfois nécessaire pour compenser des déficits nutritionnels. Les personnes souffrant de maladie de Crohn peuvent être carencées en vitamines, en oligoéléments, ou être dénutris. En effet, les crises de la maladie (diarrhées, saignements…) entraînent des pertes en nutriments essentiels. Aussi, d’autres troubles liés à l’affection (malabsorption, résections intestinales, perte d’appétit…) aggravent ce phénomène.

Prendre conseil auprès de son médecin ou diététicien. Une supplémentation en vitamines et minéraux peut parfois s’avérer nécessaire par voie orale ou intraveineuse.

La nutrition par l’intermédiaire d’une sonde introduite dans l’estomac, exclusive ou en complément, peut être utilisée dans certains cas en particulier chez l’enfant.

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