lundi , 19 août 2019
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quel bilan pour les ex-eurodéputés têtes de liste ?

Première publication :

Parmi toutes les têtes de liste françaises aux élections européennes, seuls trois candidats ont été députés européens : Benoît Hamon, Yannick Jadot et Florian Philippot. Quel est le bilan de leur activité d’eurodéputé ? France 24 fait le point.

Ils sont en campagne depuis plusieurs mois pour convaincre les Français de voter pour eux. Tous affirment vouloir être élu pour porter leurs idées au Parlement européen. Mais parmi les têtes de liste à avoir déjà été eurodéputé dans le passé – Benoît Hamon (2004-2009), Yannick Jadot (2009-2019), Florian Philippot (2014-2019) – seul le leader d’Europe-Écologie prend la peine de mettre en avant son bilan à Bruxelles et Strasbourg.

Faut-il donc croire que Yannick Jadot est le seul ex-député parmi les têtes de liste à avoir été actif au Parlement européen ? Pas si sûr. L’activité de parlementaire européen est assez complexe et peut être jugée selon différents critères. En premier lieu, ce n’est pas son propre bilan que met en avant Yannick Jadot, mais celui de son groupe, les Verts, qui a pu obtenir des victoires importantes en matière écologique, mais toujours avec l’appui d’autres groupes.

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Quant à Benoît Hamon et Florian Philippot, s’ils ne capitalisent pas sur leur expérience d’eurodéputé durant cette campagne, ils ont malgré tout, chacun à leur manière, rempli le rôle qui était le leur au Parlement européen : en contribuant réellement à l’activité parlementaire pour le premier ou, pour le second, en utilisant les outils à sa disposition pour enrayer la machine européenne.

Pour comparer le bilan des trois anciens eurodéputés aujourd’hui têtes de liste pour le scrutin du 26 mai, France 24 a compilé les données fournies par le site du Parlement européen et VoteWatch, un think tank qui scrute la vie parlementaire européenne.

Cinq types d’activité sont recensés dans notre tableau : certaines démontrent un réel travail fourni par le député européen, d’autres non.

Les rapports sont, de loin, l’activité la plus valorisante pour un eurodéputé. Les textes proposés par la Commission européenne arrivent d’abord en commission – commerce international, budgets, affaires économiques et monétaires, affaires sociales, environnement, santé publique et sécurité alimentaire, etc. – avant d’être votés en séance plénière. Le rapporteur est chargé d’établir la position commune des différents groupes sur le texte concerné.

« Le fait que Benoît Hamon ait rédigé deux rapports au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, dont un concernant la révision de la directive sur la fiscalité de l’épargne, qui est un sujet très technique, est à souligner », affirme Aline Robert, éditrice en chef d’Euractiv, un think tank œuvrant à l’émergence d’un espace public européen, contacté par France 24.

Jadot très actif au sein de son groupe, Philippot spécialiste du trolling

« Mais au-delà de la rédaction de rapports, la présence en commission est fondamentale, poursuit Aline Robert. C’est ça qui constitue le vrai travail parlementaire. Malheureusement, les statistiques sur la présence ou l’absentéisme des députés dans leurs commissions respectives ne sont pas disponibles. »

L’activité d’un eurodéputé au sein de son groupe peut, elle, être comptabilisée grâce aux « rapports fictifs ». Il s’agit de mettre noir sur blanc la position de son groupe sur un sujet donné. « C’est un travail crucial car il faut élaborer une position commune en effectuant un important travail préparatoire pour créer un consensus au sein de son groupe, explique Aline Robert. Être rapporteur fictif témoigne de la confiance que le groupe place en vous. Or on voit bien que Yannick Jadot fait le boulot, de façon assez sérieuse. Il n’est pas forcément très influent au sein du Parlement européen, mais il est très actif au sein de son groupe. »

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À l’inverse, les questions, et en particulier les questions écrites, ne sont pas significatives. « C’est le niveau zéro de l’activité parlementaire, juge Aline Robert. Les questions écrites sont utilisées par les extrêmes pour gonfler leurs statistiques sur des sites comme VoteWatch, mais aussi pour embêter l’institution européenne car il faut les traiter, les traduire, et tout ça fait perdre beaucoup de temps. » D’autant que ces questions sont le plus souvent rédigées par les assistants parlementaires des députés européens. Les 125 questions écrites posées par Florian Philippot, près de cinq fois plus que Yannick Jadot, confirment les propos de l’éditrice en chef d’Euractiv.

Quant aux questions orales, elles permettent, selon Aline Robert, de « profiter de la tribune qu’offre le Parlement européen pour s’exprimer et faire des déclarations tonitruantes ». De ce point de vue, Yannick Jadot, Florian Philippot et Benoît Hamon font un match quasi-nul.


Retrouvez cet article sur : AFP

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