vendredi , 23 août 2019
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Qu’est-ce que la « maladie du soda » ou Nash qui touche 1 adulte sur 5 en France?

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La maladie du soda : une pathologie incurable

SANTÉ – “Maladie du siècle”, “prochaine épidémie mondiale”: la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), parfois appelée maladie du foie gras ou du soda est encore trop peu connue. 

Une étude de l’Inserm dévoilée par Le Parisien ce mardi 9 juillet va certainement contribuer à la faire connaître un peu plus. Selon les chercheurs français, boire une seule canette de soda par jour a des conséquences néfastes pour votre foie. 

L’acronyme anglais (“non alcoholic steatohepatitis”) désigne la forme la plus grave. Mais la maladie, sous toutes ses formes y compris les moins graves, celle où le foie accumule la graisse en fonctionnant normalement, touche une part considérable de la population. Selon les sources, elle va jusqu’à 46%. Le consensus s’établit sur une proportion d’environ un adulte sur trois dans le monde et un sur cinq en France.

Pourtant, elle reste encore très méconnue du grand public, en France. Sous estimée, elle connaît actuellement une très forte hausse dans l’hexagone. Entre un et deux millions de Français en sont atteints, d’après Le Parisien.

Causée par une charge excessive du foie en graisses, cette pathologie est principalement due à une consommation trop forte en boissons sucrées, graisses ou sucres. Elle empêche le foie d’éliminer les graisses en trop et conduit donc à une cirrhose, voire un cancer, comme le souligne L’Obs. Même si les médecins peuvent être alertés par un bilan hépatique anormal, seul le prélèvement d’une petite partie d’un organe (une biopsie) peut la détecter.

Les recherches dans le domaine sont peu nombreuses. Et pour cause, ça ne fait que quelques années que les médecins s’y intéressent. Longtemps persuadés que les cirrhoses ne pouvaient être liées qu’à la consommation d’alcool, ils estiment, désormais, que la maladie du soda pourrait devenir la première cause de greffe du foie, devant l’hépatite C.

Il n’existe pour l’instant aucun traitement de prévention. Afin de développer les recherches scientifiques dans ce domaine, la société de biotechnologie française Genfit a lancé, il y a deux ans, un fonds de dotation de 1,9 million d’euros, intitulé The Nash Education Program. Il doit permettre de mobiliser et d’informer les médecins et patients potentiels pour combattre la pathologie.

La maladie du foie gras “va devenir la prochaine épidémie mondiale”, prédisaient en 2016 des chercheurs de l’université Howard à Washington, dans la revue Digestive Diseases and Sciences.

″À l’échelle de la planète sa progression est inexorable aujourd’hui: les gens mangent de plus en plus gras, de plus en plus sucré, et sont de plus sédentaires. Dans les pays pauvres, dans les pays riches, là où l’obésité est fréquente et là où elle est l’est moins”, constatait Dominique Lannes, hépatologue à Paris, lors d’une conférence de presse de la fondation NASH Education Program.

En France, cette maladie a fait parler d’elle lors de la double greffe en urgence d’un foie et d’un rein du journaliste sportif Pierre Ménès fin 2016. Cette personnalité de la télévision présentait le profil type du malade de la NASH. “Un homme mûr, qui a des conduites à risque avec une mauvaise alimentation et un mode de vie sédentaire, qui est inconscient de sa maladie et qui ne se soigne pas”, résume le Pr Laurent Castera, qui l’a soigné à l’hôpital Beaujon (Assistance publique-Hôpitaux de Paris).

“Il n’y a pas de symptômes”, ajoute-t-il, mais “des facteurs de risque”, qui doivent inciter à se faire dépister, après 40 ans: surpoids, diabète, hypertension, cholestérol trop élevé. “Pour des raisons qu’on ne connaît pas, 10% des malades présentant un foie gras vont évoluer vers la NASH”, souligne le docteur Lannes.

Des facteurs génétiques semblent en cause, puisque la maladie frappe plus, par exemple, les Latino-Américains ou les Moyen-Orientaux.




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