jeudi , 20 juin 2019
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Référendum anti-privatisation: le recueil des signatures a (mal) commencé

POLITIQUE – La période du recueil des 4,7 millions de signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation d’Aéroports de Paris s’est ouverte dans la nuit de ce mercredi au jeudi 13 juin à minuit, pour une durée de 9 mois.

La décision a été officialisée par un décret paru mercredi au Journal officiel, signé par le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, et a été confirmée par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à la sortie du Conseil des ministres.

Pour soutenir l’organisation d’un référendum, les Français ont la possibilité de se rendre sur ce site officiel mis en place par le ministère de l’Intérieur pour y “déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris”. Voilà pour le vocable officiel qui a quelque peu surpris les premiers signataires venus y contester la privatisation d’ADP.

Il est vrai que l’ergonomie et la clarté du site officiel censé collecter les signatures de soutien n’ont rien de bien engageant. Même le député Insoumis Alexis Corbière a dû “s’y reprendre à trois fois” avant de réussir à faire enregistrer son soutien.

Si l’enthousiasme des opposants de la privatisation est au rendez-vous, certains ont rapidement déchanté, confrontés à des bugs techniques. La difficulté du système à retrouver les Français inscrits sur les listes électorales a notamment dérouté plusieurs internautes qui avaient pu voter aux élections européennes.

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que certains soupçonnent le ministère de l’Intérieur de tout faire pour entraver la collecte des fameuses signatures. Certains pointent des serveurs manifestement sous-dimensionnés, ce qui pourrait freiner la progression du compteur de signatures. Il en faut 4,7 millions pour contraindre le gouvernement à revoir sa copie sur la privatisation d’Aéroports de Paris. Autant dire que le moindre paraphe comptera.

Résultat: des internautes partageaient ce matin leurs bons conseils pour contourner les difficultés et s’assurer que chaque soutien a bien été pris en compte. 

Aubaine pour l’opposition de gauche, soutenue par une partie des gaullistes sociaux hostiles à la privatisation d’ADP, ce RIP inédit met en danger l’une des réformes emblématiques du quinquennat. Quelque 250 députés et sénateurs (de LFI à LR, avec le soutien du RN) avaient enclenché début avril la procédure de RIP, introduite dans la Constitution en 2008, mais jamais utilisée.

Ils entendent s’opposer à la privatisation controversée du groupe aéroportuaire, inscrite dans la loi pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), adoptée définitivement par le Parlement le 11 avril.

Le gouvernement avait jusqu’au 15 juin pour mettre en place le dispositif de recueil de signatures, suite à la décision favorable du Conseil constitutionnel du 9 mai (publiée au JO le 15 mai).

Le ministre de l’Intérieur doit présenter jeudi le dispositif de recueil des signatures conjointement avec le Conseil constitutionnel. Les parlementaires à l’initiative du RIP seront ensuite reçus par Christophe Castaner dans l’après-midi.

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