lundi , 24 juin 2019
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Sandra Muller, la créatrice de #balancetonporc, jugée ce mercredi 29 mai

AFP

Sandra Muller fait partie des “briseuses de silence” désignées par le magazine Time comme “Personnalités de l’année” 2017.

JUSTICE – Poursuivie par l’homme qu’elle avait accusé nommément sur Twitter, la journaliste Sandra Muller, à l’origine du mot-clé devenu viral #balancetonporc dans le sillage du scandale Harvey Weinstein en 2017, est jugée pour diffamation ce mercredi 29 mai à Paris.

La parole de milliers de femmes dénonçant harcèlement ou agressions sexuelles s’était libérée avec ce hashtag et son équivalent en anglais #Metoo (#MoiAussi), lancé par l’actrice américaine Alyssa Milano.

Dans le cas de cette affaire, les faits remontent au 13 octobre 2017. Ce jour-là, la journaliste de la Lettre de l’audiovisuel tweetait les messages suivants:

Ce dernier tweet, où elle nomme Éric Brion, avait été retweeté plus de 2500 fois.

Consultant et ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia, Éric Brion avait attaqué Sandra Muller en diffamation, réclamant 50.000 euros de dommages et intérêts, 15.000 euros de frais de justice, la suppression du tweet divulguant son nom et des publications judiciaires.

Tous deux devraient être présents ce mercredi 29 mai devant la 17ème chambre civile du tribunal de Paris. Contactée par l’AFP, Sandra Muller n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience.

Qui est la victime? 

En décembre 2017, dans le journal Le Monde, Eric Brion avait dit “réitérer ses excuses” à la journaliste, reconnaissant avoir “tenu des propos déplacés” à son encontre “lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée” – tous deux ne travaillant pas ensemble.

De son côté, il dénonce l’enchaînement des deux tweets le présentant “comme un prédateur sexuel”, affirme Nicolas Bénoit, qui le défend avec Marie Burguburu. “C’est de la délation. À aucun moment il n’a la possibilité de se défendre, il est cloué au pilori”, ajoute l’avocat. “Il a été détruit, c’est la victime expiatoire”.

Dans un communiqué posté en janvier 2018 sur sa page Facebook, la journaliste basée aux États-Unis dénonçait elle des poursuites engagées “contre toute décence” par Éric Brion.

“Voilà quelqu’un qui a reconnu dans un premier temps qu’il a eu une conduite non convenable, qui s’en est excusé, et qui brusquement décide d’attaquer en justice”, a commenté l’un de ses avocats, Francis Szpiner.

Sandra Muller fait partie des “briseuses de silence” désignées par le magazine Time comme “Personnalités de l’année” 2017. Sur Twitter, elle a notamment reçu le soutien d’une des femmes attaquées par Denis Baupin pour l’avoir accusé de harcèlement et d’agressions. En avril, l’ancien député écologiste avait perdu ce premier grand procès post-#MeToo en France, qui s’était mué en charge contre lui.


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