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3,8 millions de personnes vivaient dans un désert médical en 2018


Prendre rendez-vous auprès d’un médecin spécialiste ou trouver un médecin traitant est de plus en plus compliqué, en particulier en Île-de-France et en Centre-Val-de-Loire : voici l’une des conclusions du dernier rapport de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publié ce vendredi 14 février 2020.

Tandis qu’en 2015, 2,5 millions de Français "seulement" (!) vivaient dans un désert médical, ils étaient 3,8 millions en 2018. En clair : "la part de la population française qui vit dans une zone sous-dense (c’est-à-dire ayant accès à moins de 2,5 consultations par an et par habitant)" a bondi "en quatre ans, de 3,8 % à 5,7 %".

Comment expliquer cette augmentation ? La DREES (qui fait partie du Ministère de la Santé) évoque deux hypothèses : primo, "la diminution globale du nombre de médecins en activité sous l’effet de nombreux départs à la retraite, que les nouvelles installations ne compensent pas". Deuzio : "l’effet prolongé des numerus clausus" qui limitent nombre de praticiens formés au cours des dernières décennies…

Quelles sont les régions les plus touchées ? En France métropolitaine, c’est l’Île-de-France qui remporte la (triste) palme du désert médical : 1,8 million d’habitants vivent en zone "sous-dense", ce qui signifie qu’ils n’ont pas accès à 3 consultations médicales dans l’année. Arrive ensuite la région Centre-Val-de-Loire où 318 000 personnes sont concernées par le manque de médecins. La DREES précise que, dans ces deux régions, "le nombre de médecins généralistes a diminué respectivement de 4,2 % et de 5,8 %" en l’espace de 4 ans.

À Paris et à Tours, les médecins généralistes se font rares

Au-delà de la métropole, c’est en Guyane que la situation est la plus dramatique : la région est actuellement concernée par une "très forte croissance démographique" et environ la moitié des habitants (44,2 %, soit environ 120 000 personnes) souffre du manque de médecins.

Un désert médical, c’est quoi exactement ? Un désert médical se définit comme un territoire où l’offre médicale est insuffisante pour répondre aux besoins de la population : cela se traduit par des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous anormalement longs et, parfois, par un renoncement aux soins par la population concernée.

Très concrètement, le Ministère de la Santé estime qu’il existe un désert médical lorsque (dans un territoire) la densité de médecins par rapport à la population est inférieure de 30 % au moins à la moyenne nationale.

Dans son rapport publié ce vendredi, la DREES amène des pistes de réflexion : "les territoires les mieux dotés en médecins généralistes sont aussi les plus attractifs, tant du point de vue de la croissance démographique que des équipements (sportifs, culturels, commerciaux et scolaires) (…) Il existe donc une problématique plus globale d’aménagement du territoire".

Sources :

DREES – Ministère des Solidarités et de la Santé

Déserts médicaux : comment les définir ? Comment les mesurer ? (DREES)

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