samedi , 26 septembre 2020
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Acné sévère : Comment reconnaître ces boutons ?


L’acné est une maladie inflammatoire du follicule pilo-sébacé qui évolue le plus souvent par poussées, sur plusieurs années, avant de guérir. Si les formes juvéniles peuvent se résoudre d’elles-mêmes, il est toujours préférable de consulter un dermatologue. Dans certains cas, les formes « légères » dégénèrent en formes « sévères » et peuvent laisser des stigmates physiques et/ou psychiques.

Quand parle-t-on d’acné sévère ?

On évalue la sévérité d’une acné en fonction :

  • de son étendue ,
  • du type de lésions ,
  • et de la résistance aux traitements anti-acnéiques classiques.

« Mais le principal facteur pour reconnaître une acné ‘sévère’ est le risque de cicatrices », précise le Dr Martine Schollhammer, dermatologue.

Ce type d’acné peut se manifester à tout âge et toucher différentes parties du corps, comme le visage, la nuque, le thorax, les épaules ou le dos.  La plupart du temps, les patients concernés sont ceux qui souffrent d’une forme d’acné chronique, dite « nodulo-kystique ». Aussi appelée « acné conglobata », elle de manifeste par la formation de comédons inflammatoires associés à des papules, des pustules. Des kystes et des nodules apparaissent également. Ils peuvent fusionner et occasionner d’importantes cicatrices.

L’acné sévère peut aussi être diagnostiquée sur le long terme

Les acnés inflammatoires persistantes, même sans nodules, ou les acnés papulo-pustuleuses (dites polymorphes juvéniles) peuvent également être considérées comme « sévères ». « Les patients ont tendance à être beaucoup plus attentistes, et donc symptomatiques, car ils ne consultent pas tout de suite et ne mettent pas en route un traitement réellement efficace », relève la dermatologue. 

L’acné fulminante, une forme rare, mais très sévère

« L’acné fulminante (fulminans) est une forme d’acné grave et assez exceptionnelle qui touche essentiellement les hommes », précise le Dr Schollhammer. Les poussées inflammatoires surviennent brutalement et conjointement à une forte fièvre, de douleurs articulaires et/ou musculaires. Les nodules s’accompagnent d’écoulements de pus qui peuvent être hémorragiques et évoluer vers des ulcérations nécrotiques. Ce type d’acné altère l’état général du patient (érythème noueux, problèmes rhumatologiques, etc).

Le cas particulier de l’acné excoriée

L’acné dite excoriée concerne toutes les formes d’acné (des plus sévères, au moins sévères). Les patients qui en souffrent ne peuvent s’empêcher de manipuler et de gratter leurs lésions. En faisant cela, quel que soit le type d’acné dont ils souffrent, ils augmentent le risque d’inflammation des lésions, et donc le risque de cicatrices.

« Ce type d’acné survient sur un terrain de vulnérabilité psychique et peut être considéré comme sévère, dans la mesure où il relève d’un trouble anxieux et nécessite un suivi psychologique ou psychiatrique en complément des traitements habituels », précise la dermatologue. 

Certaines personnes sont-elles plus à risque de formes sévères d’acné ?

On peut difficilement déterminer un « profil type » des patients souffrant d’acné sévère. On sait cependant qu’elle concerne aussi bien les adolescents que les adultes : l’âge n’influence pas la sévérité de l’acné. 

Selon le Dr Schollhammer, les formes d’acné sévères (acné nodulo-kystique et acné fulminante) sont toutefois plus fréquentes chez les hommes. De même, il faut rester vigilant en cas d’antécédents familiaux d’acné sévères. 

Quelles sont les causes de l’acné sévère ?

« Les acnés sévères se révèlent souvent dans le temps. Il est donc difficile de les identifier dès le départ », rappelle la dermatologue. Leur origine est encore mal déterminée, mais on sait que les gènes jouent un rôle crucial dans le développement de l’acné. 

À priori, « on peut écarter le stress et l’alimentation, qui n’ont aucun impact sur le développement d’une acné sévère”. Toutefois, chez les adultes ayant rencontré des problèmes d’acné dans leur jeunesse, une combinaison de plusieurs facteurs de risques (tabac, pollution, pilule contraceptive, médicaments inappropriés, stress, consommation excessive d’alcool, de nourriture épicée, etc) peut participer au développement de poussées importantes d’acné.

Quand et qui faut-il consulter ?

Quel que soit le type d’acné dont l’on souffre, mieux vaut consulter un dermatologue (médecin spécialiste de la peau). Les médecins généralistes peuvent prescrire un traitement anti-acnéique classique (un traitement local associé à une cure d’antibiotiques, ou de zinc), mais si l’acné persiste, ou se complique, une visite chez le dermatologue s’impose.

« La résistance s’explique car les traitements classiques ont un effet sur l’inflammation (la prolifération de la bactérie responsable de l’acné). Mais dans le cas d’une acné sévère, il faut surtout agir sur la glande sébacée en essayant de réduire sa taille de façon durable. Cela est uniquement possible grâce au traitement par isotrétinoïne (antibiotique dérivé de la vitamine A), dont la prescription est réservée aux dermatologues », explique le Dr Schollhammer.

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Pour éviter toute « perte de sens », la dermatologue est catégorique : en cas d’acné nodulaire, d’acné conglobata, d’acné fulminante, ou d’acné inflammatoire ayant résisté aux traitements classiques, le traitement plus indiqué est la prise d’isotrétinoïne (Roaccutane®, Curacné®Gé, Curacné®). Selon les cas, ce traitement s’effectue sur huit mois environ, à des doses qui varient selon l’âge des patients, la forme d’acné, l’étendue des lésions, etc. Il nécessite un suivi médical strict : 

  • Les femmes ont l’obligation de prendre une contraception et de se soumettre à un test de grossesse mensuel. 
  • Tandis que les hommes sont régulièrement soumis à une surveillance des paramètres biologiques. 

« Chez les patients fragiles psychologiquement, ou qui auraient un terrain psychique prédisposant, on peut constater des modifications de l’humeur, c’est la raison pour laquelle ils sont suivis très régulièrement. En cas d’antécédents psychiatriques, on demande parfois l’avis d’un psychiatre, ou alors on établi une surveillance conjointe », précise le Dr Schollhammer.

Et d’ajouter : « Je répète souvent aux parents d’adolescents qu’il est plus facile de traiter une acné sévère, que de traiter des cicatrices d’acné. Si on constate une acné très prolifique, persistante et résistante aux traitements de base, il faut employer les grands moyens. Autrement, si on laisse trainer, la glande sébacée va continuer de mal agir et les patients vont revenir nous voir dans quelques années pour traiter les cicatrices. Ce qui est une autre paire de manche. »

Dans certains cas, l’acné sévère peut mener un patient à entamer un suivi psychologique. En effet, vivre une acné affichante peut avoir des répercussions sociales très importantes et littéralement « gâcher » la vie de certains patients. 

Les traitements « naturels » sont-ils efficaces ?

À priori, les soins estampillés « naturels » qui visent à lutter contre l’acné active ne peuvent pas faire de mal à notre peau, « du moment qu’on n’utilise pas de produits gras », insiste la dermatologue. Et d’ajouter : « l’argile, par exemple, absorbe la séborrhée et réduit les brillances, mais ne traitera pas l’origine de l’acné sévère« . Par ailleurs, l’efficacité de masques ou d’huiles essentielles (photo-sensibilisantes) pour atténuer l’acné, ou les cicatrices d’acné semble peut probante et expose au risque d’eczéma de contact. 

« Le meilleur traitement contre les cicatrices d’acné, c’est le temps, rappelle le Dr Schollhammer. Généralement, à la fin du traitement, les cicatrices peuvent être un peu rouges, puis elles dé-rougissent et se comblent ». Dans le cas contraire, une fois l’acné éteinte (généralement au bout d’un an), on peut avoir recours aux peelings profonds (à effectuer chez un dermatologue expérimenté de préférence) ou à des lasers fractionnés (qui stimulent le derme pour qu’il accélère son travail de comblement). 

Cependant, il faut bien comprendre que les lasers n’effacent pas totalement les cicatrices :  

« Les lasers ne sont pas des gommes magiques. Ils permettent d’atténuer les cicatrices, mais on ne pourra jamais totalement les effacer, mais on peut les rendre moins visibles, moins disgracieuses. Il faut insister sur le fait que l’acné n’est pas une maladie honteuse. Elle fait partie de l’histoire d’une personne ».

Peut-on prévenir l’acné sévère ?

La meilleure prévention reste le traitement de l’acné, à mettre en place dès l’apparition des premiers symptômes. « L’arrêt du tabac, qui favorise la séborrhée (sécrétion excessive de sébum par les glandes sébacées) ne peut pas faire de mal », conseille la dermatologue. De même qu’une bonne hygiène alimentaire et qu’une activité physique régulière. Étant donné qu’on connaît mal les causes de l’acné sévère, ces conseils préventifs ne font pas loi et ne présentent aucune garantie. 

Au quotidien, nettoyez votre peau une à deux fois par jour avec un produit doux. Pensez à l’hydrater régulièrement à l’aide de cosmétiques non comédogènes et évitez à tout prix les cosmétiques gras. Vous pouvez également exfolier votre peau une fois par semaine avec produit exfoliant à base d’acide salicylique. 

Pour camoufler vos cicatrices ou boutons enflammés, misez sur le maquillage : il existe de nombreux produits sans huile et « non comédogène » créés spécifiquement pour les peaux acnéiques, qui évitent l’obstruction des pores de la peau.

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