jeudi , 2 juillet 2020
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Alimentation : comment le mauvais gras affecte la capacité de concentration


Les matières grasses sont importantes pour l’organisme car elles apportent de l’énergie, des vitamines et des acides gras, et sont des constituants importants de ses cellules. Toutefois, elles ont aussi des qualités différentes car elles contiennent différents types d’acides gras, c’est pourquoi toutes les matières grasses ne se valent pas. Des chercheurs de l’Ohio State University mettent ainsi en garde contre les effets néfastes du « mauvais gras » soit les graisses saturées sur le cerveau. Leur étude publiée dans la revue American Journal of Clinical Nutrition affirme en effet que consommer un seul repas riche en graisses saturées peut immédiatement entraver notre capacité à se concentrer.

Leur étude a consisté à comparer la performance de 51 femmes lors d’un test d’attention après avoir mangé soit un repas riche en graisses saturées, soit un repas riche en graisses insaturées quelques semaines plus tard. Les résultats ont montré que les participantes ont moins bien réussi ce test après avoir mangé le repas riche en graisses saturées par rapport au repas contenant une graisse plus saine, ce qui suggère un lien entre l’apport en graisses saturées et le cerveau et plus précisément les performances cognitives. La perte de concentration après un seul repas a été révélatrice pour les chercheurs. « C’est assez remarquable que nous ayons tout de suite vu une différence », expliquent-ils.

L’inflammation provoquée par les graisses saturées atteint le cerveau

Ces derniers ajoutent : « Parce que les deux repas étaient riches en matières grasses et potentiellement problématiques, l’effet cognitif du repas riche en graisses saturées pourrait être encore plus important s’il était comparé à un repas faible en gras. » Les participantes de l’étude avaient auparavant effectué une évaluation de base de leur attention avec ce test de performance qui évaluait leur capacité d’attention soutenue, de concentration et leur temps de réaction basé sur 10 minutes d’activités informatiques. Les deux repas totalisaient chacun 930 calories et étaient conçus pour imiter le contenu de divers repas servis dans les enseignes de restauration rapide bien connues.

Mais lors du premier repas (graisses saturées) elles ont dû consommer des œufs, des biscuits, des saucisses de volaille et surtout une sauce à 60% de matières grasses avec de l’huile de palme. Le second repas a été préparé à partir d’huile de tournesol (graisses polyinsaturées et monoinsaturées). Cinq heures plus tard, les femmes devaient réitérer le test et il s’avère qu’après avoir mangé le repas riche en graisses saturées, elles étaient en moyenne 11% moins capables de détecter des stimuli cibles dans l’évaluation de leur capacité d’attention. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les aliments riches en graisses saturées peuvent augmenter l’inflammation dans tout le corps dont le cerveau.

Stress et acides gras saturés, la mauvaise combinaison

Un phénomène qui se produit notamment lorsque les acides gras traversent la barrière hémato-encéphalique, qui isole le cerveau du reste de l’organisme. « Il se pourrait que les acides gras interagissent directement avec le cerveau surtout en cas de dérégulation intestinale », estiment les chercheurs. L’étude a pris en compte d’autres facteurs pouvant influencer de manière négative leurs performances comme les symptômes dépressifs et la consommation de graisses saturées des participantes avant sa réalisation. Ces dernières devaient donc consommer le même repas standardisé avant chaque visite au laboratoire pour éviter que des variations de régime n’affectent leurs résultats.

Les chercheurs soulignent que la capacité de concentration pourrait être deux fois plus mise à mal chez les personnes stressées par la pandémie de Covid-19 et qui se tournent vers une alimentation riche en graisses saturées pour se réconforter. « Ce que nous savons, c’est que les gens plus anxieux auront tendance à trouver les aliments riches en graisses saturées (pâtisseries, biscuits, produits frits ou panés) plus attrayants que le brocoli. Nous savons par d’autres recherches que la dépression et l’anxiété peuvent également nuire à la concentration et à l’attention. Lorsque nous ajoutons cela aux effets d’un repas riche en graisses, nous pourrions nous attendre à ce que l’impact soit encore plus important », concluent-ils.

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