mardi , 12 novembre 2019
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Anthony Kavanagh plaide pour que Québec rembourse le coût de l’appareil contre l’apnée du sommeil

(Québec) L’humoriste Anthony Kavanagh n’entend pas à rire quand il parle de l’apnée du sommeil, une maladie qui a bien failli lui coûter la vie.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

Il a choisi de faire une rare incursion dans la sphère politique, mardi, en exhortant le gouvernement Legault à rembourser le coût de l’appareil qui permet aux milliers de malades souffrant de l’apnée du sommeil de retrouver une certaine qualité de vie.

Cet appareil, qui n’est pas couvert par le régime de l’assurance-maladie, lui a littéralement « sauvé la vie », a commenté M. Kavanagh, mardi, en conférence de presse, dans le hall du parlement, entouré du député péquiste Sylvain Gaudreault, lui aussi une victime de l’apnée du sommeil, et de deux médecins venus appuyer leur revendication, la directrice générale de l’Association pulmonaire du Québec, Dominique Massie, et le Dr Frédéric Series, chercheur reconnu en ce domaine.

M. Kavanagh a vu sa vie tellement chamboulée par cette maladie pendant des décennies, au point de craindre de devenir fou et d’en mourir, qu’il a décidé d’en devenir le porte-étendard pour venir en aide à d’autres malades, en tant que porte-parole de l’Association pulmonaire du Québec.

« Je ne serais pas devant vous ce matin, si je n’avais pas eu cet appareil », assure-t-il, encore étonné de constater que le coût de la machine en question est remboursé dans plusieurs provinces canadiennes et dans tous les pays industrialisés, selon celui qui a dormi pendant des années en ronflant « comme un marteau-piqueur ».

« Partout, sauf au Québec. C’est insensé, pour moi », a-t-il déploré, en espérant que la ministre de la Santé, Danielle McCann, entendra son cri du cœur.

L’appareil se détaille autour de 1300 $. Il en coûterait au trésor public environ 30 millions pour soulager toutes les personnes atteintes et leur permettre de trouver un sommeil normal.

Même s’il continuait à faire crouler de rire les foules qui assistaient à ses spectacles, M. Kavanagh affirme qu’à une certaine époque il n’avait plus aucune qualité de vie.

« Je gardais deux heures d’énergie par jour pour faire mes shows, et tout le reste de la journée j’étais dans un brouillard, j’étais épuisé et j’étais dans un état de faiblesse, même au niveau de la volonté et du mental, et tout, et il y a des gens qui en ont profité. Il y a des gens qui ont profité de cette faiblesse-là, et ça m’a fait perdre beaucoup d’argent, des opportunités, beaucoup de choses », a-t-il raconté, ajoutant qu’il avait l’impression de vivre alors « dans une espèce de tunnel sombre », avec « la testostérone au sous-sol ». Un jour, il a cru faire un infarctus.

Après des années d’errance de cabinet de médecin en cabinet de médecin et d’un faux diagnostic à l’autre, un médecin a fini par identifier la cause de son mal et par lui prescrire l’appareil en question, qui a changé sa vie. « Ça m’a sauvé la vie », résume l’humoriste.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault note que la ministre McCann a mis sur pied récemment un comité chargé d’étudier la question d’un éventuel remboursement, mais il dénonce le fait que l’Association pulmonaire du Québec n’a pas été invitée à en faire partie.

Il lui demande donc de remédier à la situation, « d’accélérer le pas et de rembourser cet appareil », a dit le député, qui s’est présenté à la conférence de presse avec l’appareil qui l’aide à dormir sans cesser de respirer.

Une motion en ce sens, déposée mardi à l’Assemblée nationale par M. Gaudreault, a été adoptée à l’unanimité.

En 2017, un Québécois sur 20 (417 000 personnes) a reçu un diagnostic d’apnée du sommeil.

Mais c’est près d’une personne sur 10 qui aurait dû recevoir un diagnostic d’apnée, selon Mme Massie, persuadée qu’il est courant de voir des gens qui en souffrent sans le savoir ou encore qui affirment ne pas avoir les moyens d’acheter la machine.

L’apnée du sommeil n’est pourtant pas une maladie à prendre à la légère. Elle peut entraîner diverses conséquences : risque augmenté de faire un infarctus du myocarde, de l’hypertension artérielle, voire un accident vasculaire cérébral (AVC).


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