vendredi , 25 septembre 2020
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Après une crise cardiaque, une vie sexuelle active permettrait de vivre plus longtemps


En France, chaque année, 40 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque avec un taux de survie d’au maximum 8%. Pour les survivants, le combat n’est pas fini. Selon une étude publiée dans l’European Journal of Preventive Cardiology, une revue de la Société européenne de cardiologie, le retour à des niveaux habituels d’une activité sexuelle est associé à une survie sur le long terme.

« La sexualité et l’activité sexuelle sont des marqueurs du bien-être. La reprise de l’activité sexuelle peu de temps après une crise cardiaque peut faire partie de la perception de soi en tant que personne saine, fonctionnelle, jeune et énergique. Cela peut conduire à un mode de vie plus sain en général« , assure l’auteur principal de l’étude, le professeur Yariv Gerber de l’université de Tel Aviv, en Israël. 

Une corrélation qui s’explique facilement. La pratique d’une activité physique permet de réduire, sur le long terme, certains effets indésirables. Comme toute autre pratique sportive, l’activité sexuelle augmente également la fréquence cardiaque et la tension artérielle. L’étude précise que l’activité sexuelle épisodique peut déclencher des événements cardiaques. Un risque moins important chez ceux qui font régulièrement du sport. « Pour cette raison et pour d’autres, certains patients (y compris les plus jeunes) hésitent à reprendre une activité sexuelle pendant de longues périodes après une crise cardiaque« , explique le Pr Gerver.

Un impact sur le cancer

Dans le détail, cette étude a examiné si la reprise de l’activité sexuelle peu de temps après l’hospitalisation pour une première crise cardiaque était associée à la survie. Cette recherche s’est intéressée à 495 patients sexuellement actifs âgés de 65 ans ou moins qui ont été hospitalisés pour une première crise cardiaque entre 1992 et 1993. L’âge moyen était de 53 ans et 90% des participants étaient des hommes. Lors de deux entretiens, les chercheurs ont collecté des informations concernant la fréquence des relations sexuelles. Le panel a ensuite été classé en deux groupes : ceux qui se sont abstenus de toute activité sexuelle ou ont diminué sa fréquence après la crise cardiaque (47%) et ceux qui ont maintenu ou augmenté sa fréquence après la crise cardiaque (53%).

Au cours d’un suivi médian de 22 ans, 211 patients (43%) sont décédés. En comparant le risque de décès entre les deux groupes, les enquêteurs ont constaté que l’augmentation de la fréquence de l’activité sexuelle au cours des six premiers mois suivant une crise cardiaque était associé à un risque de décès 35% inférieur par rapport à l’abstention et à la réduction de la fréquence de l’activité sexuelle. Selon le professeur Gerber, redevenir sexuellement actif peu de temps après une crise cardiaque peut-être un marqueur pour une meilleure rééducation clinique et psychosociale. Avant de conclure : « Les patients qui perçoivent leur santé comme mauvaise seraient moins susceptibles de recommencer à avoir des relations sexuelles. Ils peuvent également être moins susceptibles d’adhérer aux tests de dépistage du cancer et à d’autres pratiques de prévention pendant le suivi. Cela peut expliquer la forte association inverse entre la reprise de l’activité sexuelle et la mortalité par cancer qui a été observée dans notre étude.”

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