lundi , 20 janvier 2020
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Cancer : quand les survivants continuent à boire beaucoup d’alcool


L’alcool, 2ème facteur de risque de cancer évitable, est à l’origine de 16 000 décès par cancer par an en France et est impliqué notamment dans les cancers de la gorge, ORL, du foie, du côlon et du sein. En juin 2018, la Ligue contre le cancer publiait une étude démontrant que les Français étaient peu conscients des dangers de l’alcool sur leur santé : 54% des Français n’ont pas le sentiment de prendre des risques en consommant de l’alcool et seuls 23% savent que l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancer évitable. C’est pourquoi certaines associations se sont prononcées pour la mise en place du « Dry January », qui encourage à faire une pause d’un mois dans sa consommation d’alcool.

Des chercheurs ont publié dans le Journal of the National Comprehensive Cancer Network une étude qui s’intéresse cette fois à la consommation d’alcool chez les personnes qui ont souffert d’un cancer. Ces derniers ont utilisé des données issues d’une enquête menée par le National Health Interview Survey (NHIS) de 2000 à 2017 pour examiner les habitudes de consommation d’alcool (autodéclarées) chez les personnes ayant déclaré un diagnostic de cancer. Les chercheurs ont constaté que sur 34 080 participants au sondage, 56,5% étaient des buveurs actuels, 34,9% dépassaient les niveaux de consommation modérée et 21% se livraient à une consommation excessive d’alcool.

Qui dit buveur dit souvent fumeur

Il s’agit de la première grande étude réalisée sur la consommation d’alcool dans la population en oncologie. Étant donné que l’alcool a été identifié comme un facteur de risque de plusieurs cancers, les chercheurs ont été surpris par ces chiffres. « Nous recommandons de dépister la consommation d’alcool à intervalles réguliers et de fournir des ressources pour aider à réduire la consommation de ceux qui peuvent avoir des comportements excessifs », explique la Pr Nina Niu Sanford, de l’UT Southwestern Medical Center. « En règle générale, les questions sur la consommation d’alcool ne sont posées qu’une seule fois lorsque le patient entre dans le système médical, puis copiées dans les notes suivantes. »

Pour les besoins de l’étude, la consommation excessive d’alcool a été définie comme plus d’un verre par jour pour les femmes et plus de deux verres par jour pour les hommes et le « binge drinking » (alcoolisation massive en peu de temps) comme plus de cinq verres en une journée. Un examen des données a montré que les taux de consommation excessive d’alcool étaient beaucoup plus élevés pour les jeunes survivants : c’est le cas pour 23,6% des 18 à 34 ans, contre 2,6% des 75 ans et plus. De même, les survivants de types de cancer davantage associés à de jeunes personnes (col de l’utérus, des testicules, de la tête et du cou, mélanome) étaient plus susceptibles de déclarer boire à tous les niveaux.

« Des travaux scientifiques supplémentaires visant à comprendre comment diffuser de manière optimale des recommandations sanitaires dans ce domaine, et comment modifier les comportements relatifs à la consommation d’alcool sont clairement nécessaires dans la population des survivants du cancer, en particulier chez les jeunes survivants », expliquent les chercheurs. Plus inquiétant encore, ces derniers ont constaté que 16,7% des survivants du cancer se déclaraient fumeurs actuels. Or, les fumeurs actuels ou anciens étaient plus susceptibles de se déclarer comme buveurs actuels. A noter que le tabagisme, même passif, constitue le facteur de risque évitable de cancer le plus important.

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