vendredi , 25 septembre 2020
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Cas de recontamination du coronavirus : que cela signifie-t-il ? – Santé


Au moins trois cas avérés de réinfection au coronavirus ont été rapportés ce lundi par les scientifiques, dont un en Belgique. Que cela signifie-t-il dans la lutte contre l’épidémie ?

Quels patients ?

Le premier cas au monde de recontamination avérée est un patient résidant à Hong Kong âgé de 33 ans. Il avait été testé positif une première fois le 26 mars, après avoir présenté des symptômes (toux, maux de tête et de gorge, fièvre). Une fois guéri, il a été testé négatif à deux reprises.

Le premier cas au monde de recontamination avérée est un patient résidant à Hong Kong âgé de 33 ans. Il avait été testé positif une première fois le 26 mars, après avoir présenté des symptômes (toux, maux de tête et de gorge, fièvre). Une fois guéri, il a été testé négatif à deux reprises.Mais le 15 août, il a de nouveau été testé positif. Point important, il ne présentait cette fois aucun symptôme: sa maladie n’a été découverte que grâce à un test de dépistage à l’aéroport de Hong Kong, alors qu’il revenait d’Espagne via le Royaume-Uni.Le patient néerlandais est quant à lui une personne âgée dont le système immunitaire est détérioré.On ne connait pas le profil du patient belge réinfecté par le coronavirus. On sait qu’il a été recontaminé après 3 mois, selon le virologue Marc Van Ranst. »Les infections au virus SRAS-CoV-2 ont toutes une empreinte digitale différente, un code génétique », a expliqué Marion Koopmans, virologue néerlandaise. « Les gens peuvent garder quelque chose pendant très longtemps (dans leur organisme) après une infection et excréter un peu d’ARN de temps en temps. » C’est le matériel génétique de ces virus. Pour pouvoir parler officiellement de réinfection, les chercheurs doivent être en mesure de démontrer que les codes de cet ARN sont différents. Ce qui semble être le cas pour les patients de Hong Kong, des Pays-Bas et de Belgique. »Nous avons déterminé la séquence génétique de ces deux virus en laboratoire », a expliqué le virologue Marc Van Ranst. « Et nous avons constaté que le même patient était à nouveau tombé malade après trois mois – avec un autre virus caractérisé par 11 mutations. »Les chercheurs sont à la recherche d’autres cas similaires et analysent les effets de cette découverte sur notre système immunitaire. « Il est également possible qu’il s’agisse d’exceptions. Espérons-le, mais ce n’est pas une bonne nouvelle. On peut oublier la possibilité d’être immunisé toute sa vie contre ces virus respiratoires », explique Marc Van Ranst. « Mais on espère bien sûr que l’immunité durera plus de quatre mois et que ce sera majoritairement le cas. » »Beaucoup pensent que les patients guéris du Covid-19 sont immunisés contre une réinfection, car la plupart ont développé une réponse immunitaire et des anticorps. Cependant, il est prouvé que le niveau d’anticorps de certains patients diminue après quelques mois », ont déclaré les chercheurs de Hong Kong. »Nos résultats suggèrent que le coronavirus pourrait persister dans la population humaine mondiale comme c’est le cas pour d’autres coronavirus humains communs (comme celui du rhume), même si les patients ont acquis une immunité par infection naturelle », ont-ils déclaré.Nous ne sommes peut-être pas égaux face à la réponse immunitaire de notre corps au coronavirus. En effet, certains anticorps protègeraient mieux que d’autres contre une réinfection. Selon une nouvelle étude, trois membres d’équipage d’un bateau de pêche de Seattle qui avaient des anticorps capables de neutraliser le nouveau coronavirus n’ont pas été réinfectés lors d’une épidémie de Covid-19 qui a frappé la majorité des personnes à bord. »La présence d’anticorps neutralisants d’une infection antérieure était significativement associée à une protection contre la réinfection », concluent les chercheurs de l’Université de Washington et du Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle. Cette petite étude, parue sur le site de prépublication Medrxiv et non dans une revue avec évaluation par des pairs, est l’une des premières chez l’humain à suggérer un lien entre les anticorps neutralisants – ceux qui empêchent le virus de s’arrimer aux cellules – et la protection contre l’infection.Cent-vingt personnes sur 122 ont été testées avant de monter à bord du bateau de pêche en mai, pour détecter à la fois la présence du virus actif (test virologique) et les anticorps dans le sang (test sérologique) indiquant une infection antérieure. Aucun des membres d’équipage n’a alors été testé positif pour le virus, mais six l’avaient déjà contracté auparavant et avaient donc des anticorps dans le sang.Au retour du bateau, une grande majorité des membres de l’équipage (85,2%) avaient été contaminés par le virus, dont trois parmi ceux qui avaient des anticorps dans le sang avant le départ. Mais ceux qui sont restés indemnes avaient des anticorps neutralisants prouvés.Quant aux trois autres, le fait qu’ils aient été réinfectés pourrait s’expliquer par le fait que leur première infection, légère ou asymptomatique, ait entraîné une production éphémère d’anticorps ou à un niveau trop faible pour les protéger. Les chercheurs n’excluent pas non plus la possibilité que le premier résultat sérologique soit un « faux positif ».Pour Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’université de Nottingham, qui n’a pas participé à l’étude, « cela suggère que les personnes qui ont déjà été exposées au virus sont susceptibles de se réinfecter à moins qu’elles n’aient des niveaux appréciables d’anticorps neutralisants ». »Cela nous donne un aperçu important du type d’immunité qui pourrait protéger d’une infection future », mais cela ne montre pas, selon lui, si une exposition passée peut ou non protéger contre une maladie grave chez les personnes dépourvues d’anticorps neutralisants détectables. « C’est une découverte très importante », souligne le professeur John Edmunds de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. « Cela suggère que les anticorps neutralisants peuvent protéger contre l’infection », ce qui n’avait pas été démontré auparavant chez l’humain.Mais pour son collègue le professeur Martin Hibberd, spécialiste des maladies infectieuses émergentes « le petit nombre de personnes étudiées rend cette étude difficile à interpréter pleinement » et des études plus concluantes devraient être bientôt disponibles, « peut-être à partir des essais de phase 3 de vaccins à grande échelle qui sont en cours ».


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