vendredi , 25 septembre 2020
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Chanter sans masque à l’intérieur propage le COVID-19 par aérosols, confirme une étude


Le SARS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19, se propage-t-il plus largement dans l’air que ne le laissaient croire les premières études ? Telle est l’une des nombreuses questions actuelles concernant le coronavirus, notamment à la suite de l’alarme sonnée par plus de 200 scientifiques internationaux en juillet dernier. Une étude menée par des chercheurs de The University of Colorado Boulder met en avant le potentiel de transmission aérienne du nouveau coronavirus. Ces derniers souhaitaient savoir si le fait de chanter à l’intérieur, sans masque, peut contribuer à propager la COVID-19 via des particules microscopiques en suspension dans l’air appelées aérosols.

« Le fait de partager l’air est important car vous pouvez inhaler ce qu’une personne a expiré même si elle est loin de vous.», explique le Pr Shelly Miller, auteur principal de l’étude. Les résultats de celle-ci sont basés sur un événement précis, à savoir la répétition d’une chorale dans le comté de Skagit (Etats-Unis). Comme l’explique Le Monde, parmi 61 choristes qui y ont participé le 10 mars, 53 personnes sont tombées malades. Plus précisément, une personne présentant des symptômes bénins de COVID-19 a assisté à cette répétition qui s’est déroulée en intérieur pendant deux heures et demie et plus de 50 autres personnes ont contracté la maladie et deux sont décédées dans les semaines suivantes.

Les aérosols pourraient entraîner une contamination par inhalation

Etant donné que les participants avaient pris des précautions en se désinfectant les mains et en évitant les contacts physiques, les scientifiques ont soupçonné une transmission par aérosols (particules en suspension dans l’air) produits lors du chant, plutôt qu’une transmission via des gouttelettes projetées ou des surfaces infectées. D’autant que les choristes se tenaient entre 15 et 25 cm les uns des autres et ne portaient pas de masques selon le National Collaborating Centre for Environmental Health qui a publié une revue de la littérature sur le thème « Chant choral : risques et précautions associés à la COVID-19 ». Cette nouvelle étude publiée dans « Indoor Air » confirme cette hypothèse.

En calculant le taux d’infection en fonction des détails de cette longue répétition et de ce que la communauté scientifique sait du coronavirus SRAS-CoV-2, les chercheurs ont concluent qu’il n’était pas possible que les gouttelettes et surfaces infectées puissent transmettre le virus au grand nombre de personnes tombées malades par la suite. En revanche, une mauvaise ventilation dans l’espace intérieur a conduit à une accumulation d’aérosols produits par les chanteurs, et la chaleur produite par les chanteurs eux-mêmes a contribué à ce phénomène. Ainsi, « l’inhalation d’aérosols respiratoires infectieux à partir de l’air partagé était le principal mode de transmission. », estiment les chercheurs.

Port du masque et distanciation sociale même pendant le chant

En effet, les petites gouttelettes respiratoires peuvent rester en suspension plus longtemps que les grosses gouttelettes, ce qui peut augmenter le risque d’exposition. Les chercheurs ont également découvert que raccourcir le temps de répétition de 2,5 heures à 30 minutes aurait fait chuter le taux d’infection de 87% à 12%. Cette précaution, associée au port de masques, à l’amélioration de la ventilation et à l’utilisation de purificateurs d’air auraient pu faire chuter le nombre de personnes infectées de 52 à seulement 5. L’équipe scientifique précise cependant que l’événement s’est produit lorsque les autorités publiques commençaient à se demander si les masques étaient nécessaires.

Mais ces conclusions ont leur importance selon les chercheurs, au moment où les lieux publics rouvrent et où les loisirs collectifs dont la chorale sont susceptibles de reprendre. « Le chant est connu pour libérer de grandes quantités d’aérosols. », ajoute le Pr Shelly Miller. Ainsi, depuis mars, plusieurs autres cas d’infection importants en lien avec des chants en groupe ont également eu lieu aux Pays-Bas, en Autriche, au Canada, en Allemagne, en Angleterre, en Corée du Sud, en Espagne et en France. « Notre étude offre un nouvel aperçu de la façon dont ces épidémies se sont produites et de ce qui peut être fait pour rendre les futures répétitions de chorale plus sûres. », précisent les chercheurs.

Ces derniers estiment donc que les chorales doivent se dérouler en extérieur le plus souvent possible et si ce n’est pas le cas, la ventilation en espace clos doit être optimale pour éliminer les aérosols contenant le virus présents dans l’air, et ainsi réduire le risque de contamination aéroportée. Les choristes doivent également veiller à porter des masques et à se tenir plus d’un mètre de distance les uns des autres. A noter que sur ce sujet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère depuis juillet que « la possibilité d’une transmission aérienne dans les lieux publics ne peut être exclue, en particulier dans des conditions très spécifiques, comme les endroits surpeuplés, fermés, mal ventilés ».

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