lundi , 25 mai 2020
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Chenilles processionnaires urticantes : de quoi s'agit-il ?


Une grande partie de l’année, ces petites chenilles poilues, baptisées chenilles processionnaires, infestent nos jardins et provoquent des réactions urticantes. Mais qui sont-elles ? Il s’agit de la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea processionea. Ce dernier pond ses oeufs à la fin de l’été aux extrémités des branches de chênes. Puis, entre la fin du mois d’avril et le mois de mai, les oeufs éclosent laissant apparaître ces chenilles dangereuses.

Chenilles processionnaires : comment les reconnaître ?

Les chenilles processionnaires sont d’abord orange, lorsqu’elles viennent d’éclore. On les reconnaît car elles portent des poils, qui sont à ce stade non urticants. Puis, viennent plusieurs mues, aux alentours de la mi-mai jusqu’à fin juin. Elles deviennent alors de couleur grise et portent une bande plus sombre sur le dos. Elles sont toujours recouvertes de poils, qui deviennent alors urticants.

Elles vivent en groupe et forment des nids dans les arbres, composés d’excréments et de poils urticants : à éviter, donc ! Pour se nourrir, elles se déplacent en file pour aller grignoter des feuilles de chêne. Elles sont néfastes pour les feuillages. Elles tombent des arbres, même en journée, via des fils (semblables à des fils d’araignée), attention donc à ne pas les percuter. Les poils restent urticants même après la disparition de la chenille ! Si elles se transforment en papillon au mois de juillet, leurs nids restent dangereux ensuite.

Où trouve-t-on des chenilles urticantes en France ?

Selon l’ARS Ile-de-France, les colonies de chenilles processionnaires se trouvent essentiellement aux alentours de deux types d’arbres : les chênes et les pins. Celles du pin sont essentiellement présentes de novembre à mars, celle du chêne de mai à juillet. Les chenilles processionnaires du pin sont présentes sur les trois quarts sud du territoire français, mais elles remontent progressivement vers le nord. Les foyers de chenilles urticantes du chêne sont essentiellement localisés dans le quart nord-est de la France.

Quels sont les symptômes d’une piqûre ou d’une allergie ?

Selon le centre anti-poison, lorsque vous êtes piqué par une chenille processionnaire sur la peau, vous verrez apparaître sous 8 heures une éruption cutanée et de sérieuses démangeaisons. Vérifiez que d’autres parties du corps n’ont pas été exposées.

En cas de contact avec les yeux, vous développerez une sorte de conjonctivite sous 1 à 4 heures après exposition. Vous aurez les yeux rouges, larmoyants et douloureux : consultez dans tous les cas un ophtalmologue pour être sûrs qu’aucun poil ne soit resté coincé dans l’oeil.

Si vous inspirez des poils de chenille processionnaire, vous allez éternuer, avoir des maux de gorge, du mal à avaler votre salive et peut-être une sorte de crise d’asthme.

Si vous avalez des poils, vous pouvez développer une inflammation des muqueuses et avoir des douleurs abdominales, des vomissements ou encore hypersaliver.

Que faire en cas de contact avec la peau ou les yeux ?

En cas de contact avec la peau : ôtez tous ses vêtements et les laver à haute température, lavez la peau à l’eau et au savon de façon abondante, y compris les cheveux. Il est possible de se servir d’un papier collant pour retirer les poils de la peau. Enfin, vous pouvez prendre un antihistaminique. Mais si la réaction est intense, consultez un médecin.

En cas de contact avec les yeux : rincez-les abondamment et rendez-vous chez un ophtalmologue pour obtenir une solution anesthésique locale. Les poils peuvent s’insérer dans les yeux, auquel cas, une opération chirurgicale sera nécessaire pour les ôter.

Si vous ingérez des poils de chenille processionnaire : buvez beaucoup d’eau pour diluer leur effet. Si vous respirez des poils urticants, consultez un médecin afin qu’il vous donne un traitement adapté.

Quels sont les risques de toxicité ?

Chaque chenille possède des centaines de milliers de poils, mesurant entre 0,2 et 0,3 millimètres. Mais ils sont très volatiles, et leur structure leur permet de s’accrocher aux tissus (y compris la peau et les muqueuses). Une fois qu’ils sont en contact avec la peau, ils libèrent de l’histamine qui entraîne la réaction urticante, de la même manière qu’une allergie.

Le problème des chenilles processionnaires, c’est qu’une personne en contact répété voit ses symptômes s’aggraver au fil des expositions. Cela peut même aller jusqu’à créer un choc anaphylactique et mettre la vie en danger.

Comment les éviter et s’en protéger ?

Dans les régions infestées, il est recommandé de porter des vêtements longs et des bottes de caoutchouc pour jardiner. Mais comme le vent peut disperser leurs poils urticants, il est aussi conseillé d’éviter de faire sécher son linge dehors de mai à septembre, de bien laver ses légumes du jardin, de ne pas tondre la pelouse avant d’avoir bien arrosé le jardin (cela permet que les poils se réfugient dans le sol). Mais aussi d’éloigner les enfants des zones infestées.

Il est fortement déconseillé d’essayer de s’en débarrasser soi-même ! De l’insecticide pourrait même aggraver la situation… Si les poils sont éparpillés, la zone a traitée s’étend considérablement. D’autant que leur pouvoir urticant peut durer plusieurs années ! Il faut faire appel à des professionnels, qui brûlent les nids et aspirent les résidus.

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