mercredi , 22 janvier 2020
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Choc toxique: les coupes menstruelles « pas plus sûres » que les tampons – Santé

En Belgique, moins de cinq cas par an de syndrome du choc toxique (SCT) sont rapportés au centre de référence, explique lundi la Dr. Axelle Pintiaux, cheffe du service de gynécologie à l’hôpital Erasme. Ces cinq dernières années, trois cas ont été recensés. Une bonne hygiène et un changement de protection toutes les quatre à six heures, qu’il s’agisse d’un tampon ou d’une coupe menstruelle, font partie des recommandations des spécialistes afin d’éviter un SCT, potentiellement mortel.

Un choc toxique est causé par une forme particulière de staphylocoque doré, qui libère dans l’organisme une toxine (TSST1), précise la Dr. Pintiaux. Si 30% des femmes sont porteuses d’un staphylocoque doré, seulement 1 à 5% le sont d’une forme qui élabore la toxine TSST1. « C’est donc très rare », poursuit-elle.

« Le staphylocoque est une bactérie que l’on porte à la surface de la peau, au niveau des fosses nasales… et qui peut être de souche différente. Lors d’un choc toxique, ce n’est pas la bactérie qui est en cause mais bien la toxine », ajoute le Dr. Frédéric Kridelka, professeur à l’ULiège et chef du service gynécologie au CHU de Liège.

Les hypothèses quant au lien entre les tampons et le SCT, sont qu’un tampon « favorise l’entrée, depuis la peau et le vagin, de la bactérie plus loin dans l’appareil génital », indique-t-il, de même que « la macération du sang ». Changer de protection hygiénique, quelle qu’elle soit, toutes les quatre à six heures maximum, est donc le premier conseil pour limiter le risque d’un tel choc toxique. « Il est également recommandé d’avoir une hygiène intime la meilleure possible », rappelle le Dr. Kridelka.

Précautions

Les tampons ciblés sont les tampons dits hyper-absorbants et/ou contenant du polyacrylate, le tout couplé à un port prolongé, poursuit la Dr. Pintiaux. Quant aux coupes menstruelles, alternatives aux protections hygiéniques ‘classiques’, elles ne sont « pas du tout plus sûres » que des tampons, estime la gynécologue. La « cup » entraîne en effet, lorsqu’elle est insérée, « des petites lésions qui permettent à l’oxygène de rentrer dans le vagin ». « Or, le staphylocoque est ‘aérobie’, il aime l’oxygène », précise la spécialiste. Sa manipulation nécessite en outre de bonnes conditions d’hygiène tout au long de la journée. La coupe menstruelle « favorise la rétention des règles, donc le sang reste effectivement également dans le vagin », poursuit le chef du service gynécologie au CHU de Liège.

En 2017, le Centre national de référence des staphylocoques de Lyon mettait aussi en garde: les coupes menstruelles « doivent être portées avec les mêmes précautions qu’un tampon ». Pas plus de quatre à six heures donc et de préférence pas de nuit. Ce même centre avait par ailleurs analysé 700 tampons usagés. Il était ressorti des analyses « qu’aucune protection testée ne favorise la croissance et la production de la toxine ».

Enfin, les deux spécialistes soulignent l’importance de sensibiliser les médecins et futurs médecins aux risques d’un syndrome du choc toxique. Notamment les médecins généralistes et urgentistes, vu qu’une personne atteinte se présentera avec des symptômes « assez communs, davantage assimilés à une gastro-entérite qu’à un problème gynécologique », conclut la Dr. Axelle Pintiaux. La question de savoir si une patiente est réglée ou porte un tampon pourrait dès lors être posée de manière plus systématique.

Un choc toxique est causé par une forme particulière de staphylocoque doré, qui libère dans l’organisme une toxine (TSST1), précise la Dr. Pintiaux. Si 30% des femmes sont porteuses d’un staphylocoque doré, seulement 1 à 5% le sont d’une forme qui élabore la toxine TSST1. « C’est donc très rare », poursuit-elle. « Le staphylocoque est une bactérie que l’on porte à la surface de la peau, au niveau des fosses nasales… et qui peut être de souche différente. Lors d’un choc toxique, ce n’est pas la bactérie qui est en cause mais bien la toxine », ajoute le Dr. Frédéric Kridelka, professeur à l’ULiège et chef du service gynécologie au CHU de Liège. Les hypothèses quant au lien entre les tampons et le SCT, sont qu’un tampon « favorise l’entrée, depuis la peau et le vagin, de la bactérie plus loin dans l’appareil génital », indique-t-il, de même que « la macération du sang ». Changer de protection hygiénique, quelle qu’elle soit, toutes les quatre à six heures maximum, est donc le premier conseil pour limiter le risque d’un tel choc toxique. « Il est également recommandé d’avoir une hygiène intime la meilleure possible », rappelle le Dr. Kridelka. Les tampons ciblés sont les tampons dits hyper-absorbants et/ou contenant du polyacrylate, le tout couplé à un port prolongé, poursuit la Dr. Pintiaux. Quant aux coupes menstruelles, alternatives aux protections hygiéniques ‘classiques’, elles ne sont « pas du tout plus sûres » que des tampons, estime la gynécologue. La « cup » entraîne en effet, lorsqu’elle est insérée, « des petites lésions qui permettent à l’oxygène de rentrer dans le vagin ». « Or, le staphylocoque est ‘aérobie’, il aime l’oxygène », précise la spécialiste. Sa manipulation nécessite en outre de bonnes conditions d’hygiène tout au long de la journée. La coupe menstruelle « favorise la rétention des règles, donc le sang reste effectivement également dans le vagin », poursuit le chef du service gynécologie au CHU de Liège. En 2017, le Centre national de référence des staphylocoques de Lyon mettait aussi en garde: les coupes menstruelles « doivent être portées avec les mêmes précautions qu’un tampon ». Pas plus de quatre à six heures donc et de préférence pas de nuit. Ce même centre avait par ailleurs analysé 700 tampons usagés. Il était ressorti des analyses « qu’aucune protection testée ne favorise la croissance et la production de la toxine ». Enfin, les deux spécialistes soulignent l’importance de sensibiliser les médecins et futurs médecins aux risques d’un syndrome du choc toxique. Notamment les médecins généralistes et urgentistes, vu qu’une personne atteinte se présentera avec des symptômes « assez communs, davantage assimilés à une gastro-entérite qu’à un problème gynécologique », conclut la Dr. Axelle Pintiaux. La question de savoir si une patiente est réglée ou porte un tampon pourrait dès lors être posée de manière plus systématique.


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