dimanche , 15 décembre 2019
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Cigarette électronique : les événements américains inquiètent les Français

Selon un sondage européen réalisé par Odoxa à l’occasion du « Mois sans Tabac » , les Français, en pleine confusion en raison de la crise sanitaire aux Etats-Unis liée au mystère des maladies pulmonaires chez des vapoteurs, demandent un meilleur encadrement des produits du vapotage.


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L’opération « Mois sans Tabac » est l’occasion de rappeler tous les outils d’aide au sevrage tabagique disponibles pour les fumeurs et notamment la cigarette électronique. D’après les derniers travaux du Haut Conseil de la Santé publique, celle-ci peut en effet constituer une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac. Mais les événements survenus aux Etats-Unis, à savoir le décès de 39 « vapoteurs » à la suite de maladies pulmonaires, ont provoqué un doute quant à sa nocivité sur la santé. Et ce même si selon les autorités américaines, c’est davantage l’utilisation d’e-liquides contenant du THC issus de circuits illicites que la cigarette électronique en tant que telle qui est en cause.

Le dernier sondage réalisé par Odoxa pour France Vapotage montre ainsi que l’opinion publique est déboussolée quant à ce sujet. Ainsi, si 57% des Français interrogés estiment que le vapotage est un moyen efficace pour réduire la consommation de tabac, six Français sur dix pensent que les consommateurs ne doivent pas privilégier la cigarette électronique par rapport au tabac. « La proportion des fumeurs qui souhaiteraient passer à la cigarette électronique dans les prochains mois n’est plus que de 39% en France, soit 19 points de moins qu’en mai dernier », affirment les auteurs de l’enquête. Par ailleurs, près des ¾ des Français pensent que le vapotage est aussi , voire plus, risqué que le tabac.

La e-cigarette toujours considérée comme un bon outil au sevrage

A noter que les Français qui estiment davantage que la e-cigarette est plus risquée que la cigarette se trouvent être les 25-34 ans, les 65 ans et plus, les ruraux, les fumeurs occasionnels et les non-fumeurs. Parmi les Français qui ont bien entendu parler des cas américains, ce sont 21% des sondés qui ont cet avis. En cause, peut-être, une information insuffisante : les Français s’estiment mal informés sur la cigarette électronique à 65%, un chiffre supérieur aux autres pays européens. « Il faut renforcer la sécurité des utilisateurs par la mise en place d’un cadre réglementaire adapté assurant le contrôle et la traçabilité de tous les produits et e-liquides vendus en France », ajoutent les auteurs du sondage.

Reste que 57 % des Français estiment que la cigarette électronique est un moyen efficace pour « réduire » sa consommation de tabac (-16 points depuis mai) et 40 % estiment qu’elle est un moyen efficace pour « arrêter » sa consommation de tabac (-12 points depuis mai). Par ailleurs, 39% des fumeurs envisagent de passer au vapotage pour remplacer le tabac, ce qui situe les Français un peu au-dessus de la moyenne européenne (36%), les Italiens arrivant en tête (45%). Mais il n’empêche qu’en France le recul des « intentionnistes » est important depuis le mois de mai avec -19 points. Les sondés ont également été invités à donner leur avis quant au rôle des pouvoirs publics dans ce domaine.

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Les résultats montrent qu’une majorité (71%) de sondés considère que les pouvoirs publics n’encouragent pas assez les fumeurs à passer à la e-cigarette. A noter que le site Tabac Info Service a édité une fiche d’information sur ce produit, dans laquelle les experts affirment que la « e-cigarette est moins nocive que la cigarette classique, même si d’autres risques seront peut-être identifiés dans les années à venir. » Quant aux effets du vapotage sur la santé, ils soulignent qu’on « ne sait pas si la cigarette électronique est dangereuse pour la santé même si les e-liquides semblent toutefois moins nocifs que la fumée de cigarette qui contient plus de 4 000 substances chimiques parmi lesquelles des irritants et produits toxiques. »

Mais paradoxalement, 61% des sondés affirment que les pouvoirs publics ne doivent pas encourager les fumeurs à passer à la e-cigarette. Enfin, la quasi-totalité d’entre eux a entendu parler des cas américains, dont la médiatisation a commencé en juillet. Or, pour neuf Français sur dix dans ce cas, ce phénomène montrerait que la e-cigarette doit être plus encadrée : sa réglementation, sa qualité, ses contrôles, sa commercialisation mais aussi son usage. Les auteurs du sondage demandent donc aux pouvoirs publics de commander des études avec large panel sur les effets potentiels de la e-cigarette sur la santé à long terme, et de permettre aux fabricants d’offrir une meilleure information sur leur bon usage.

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Alexandra Bresson


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