mardi , 28 janvier 2020
Accueil » Santé et Remise en forme » Comment certains cosmétiques engendrent des réactions allergiques de contact

Comment certains cosmétiques engendrent des réactions allergiques de contact


Les réactions allergiques de la peau peuvent être causées par de nombreux composés chimiques différents, présents dans les produits d’hygiène, de ménage ou même dans les cosmétiques. La façon dont ils déclenchent cette dermatite de contact est cependant longtemps restée très mystérieuse.

Dans une nouvelle étude publiée ce 3 janvier dans la revue Science Immunology, des chercheurs américains rapportent avoir observé un mécanisme jusque-là méconnu. Certains produits chimiques parviendraient à déplacer les lipides dans certaines cellules de l’épiderme, ce qui active certaines cellules immunitaires.

Une réaction allergique débute en effet lorsque les cellules T (appelées lymphocytes T) du système immunitaire reconnaissent une substance comme étrangère. Mais ces lymphocytes T ne reconnaissent pas directement les produits chimiques de petite taille, ceux-ci doivent subir une réaction chimique avec de plus gros composés pour se rendre visibles pour les lymphocytes T.

Lors de cette étude, menée sur des cellules humaines cultivées in vitro, les chercheurs ont découvert que certains produits chimiques connus pour déclencher une dermatite de contact étaient capables de se lier aux molécules appelées CD1a présentes à la surface des cellules de Langerhans, un type de cellules immunitaires de l’épiderme. De cette façon, les produits chimiques se rendraient visibles pour les lymphocytes T, déclenchant une réaction immunitaire.

Dans le détail, ces produits chimiques comprenaient notamment le baume du Pérou (Myroxylon balsamum) et le farnésol, deux substances aromatiques et classées comme allergènes, que l’on retrouve dans certaines crèmes pour la peau, dentifrices ou encore parfums. En tout, les chercheurs ont identifié plus d’une douzaine de composés chimiques de petite taille qui activaient les lymphocytes T via les molécules CD1a.

Notre travail montre comment ces produits chimiques peuvent activer les cellules T dans la culture tissulaire, mais nous devons être prudents en affirmant que c’est définitivement ainsi que cela fonctionne chez les patients allergiques”, a déclaré  Annemieke de Jong, coauteure de l’étude. Elle estime que celle-ci “ouvre la voie à des études de suivi pour confirmer le mécanisme chez les patients allergiques et concevoir des inhibiteurs de la réponse allergique”.

Un nouvelle piste de traitement semble ainsi découler de cette étude : l’ajout de lipides concurrents sur la peau pour empêcher au CD1a d’interagir avec les lymphocytes T du système immunitaire.

Actuellement, la seule façon réellement efficace de se débarrasser d’une dermatite de contact est d’identifier le produit en cause (exemple : le produit vaisselle) et de l’éviter, en changeant de produit (ou en portant des gants pour faire la vaisselle le temps d’en changer). 

Source : Eurekalert

À lire aussi

Première apparition