mardi , 28 janvier 2020
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Complémentaires santé : ce qui va changer en 2020


Des complémentaires santé plus chères pour la nouvelle année ? Ces dernières ont annoncé, à l’automne 2019, des hausses de prix de 3 % en moyenne. Pourtant : « Le coût de cette réforme repose aux trois quarts sur l’Assurance-maladie, souligne Mathilde Lignot-Leloup, directrice de la Sécurité sociale au ministère de la Santé. Pour les complémentaires, il est de l’ordre de 50 millions d’euros par an, ce qui est largement absorbable pour elles sans avoir à augmenter les cotisations. 

Lunettes : plus rien à débourser pour des verres de qualité

Myope, presbyte, astigmate… Quel que soit leur besoin de correction, tous les porteurs de lunettes seront enfin entièrement remboursés pour leurs verres à partir du 1er janvier. Et ce seront obligatoirement des verres traités antireflet, durcis pour éviter les rayures et amincis autant que nécessaire.

En revanche, la monture ne sera totalement remboursée que si on choisit  un modèle à moins de 30 € parmi une sélection faite par l’opticien entre 35 montures de différents modèles et couleurs pour les adultes, qualifiées de jolies par la Sécurité sociale, et 20 pour les enfants. « Nous avons décidé de privilégier l’accès à des verres de qualité pour tous, explique Mathilde Lignot-Leloup. Pour la monture, les assurés auront toujours le choix entre l’un des modèles sans reste à charge ou un autre qui soit davantage à leur goût. » Dans le second cas, la Sécurité sociale versera 1,70 €, et la complémentaire ne rajoutera qu’au maximum 100 €.

Cas pratique :  Michèle, 47 ans, s’est équipée récemment de ses premières lunettes à verres progressifs qui coûtaient 690 €, l’Assurancemaladie lui a remboursé 12,40 € et son assureur 470 €, le coût restant à sa charge a été de 207,60 €. Au 1er janvier, pour les mêmes verres, elle n’aurait plus rien à débourser. En revanche, pour la monture de grande marque à 350 € pour laquelle elle avait craqué, elle serait moins bien remboursée.

Prothèses dentaires : la majorité entièrement remboursée

À partir du 1er janvier, une prothèse sur deux sera garantie sans aucun reste à charge. Desquelles s’agit-il ? « Pour toutes les dents du sourire, ce seront des prothèses en céramique, de qualité et esthétique », résume Mathilde Lignot-Leloup. Ainsi se trouveront dans ce panier sans reste à charge : les inlay-core et les couronnes transitoires, les couronnes céramiques monolithiques et céramo- métalliques pour les dents visibles, les couronnes en zircone pour les incisives et les canines, ainsi que les couronnes métalliques pour toutes les dents.

À noter qu’en 2021, les dentiers seront aussi concernés. « Le 100 % santé ne prend pas tous les soins en charge car la Sécurité sociale et les complémentaires ont estimé ne pas en avoir les moyens, commente Thierry Soulié, président d’un syndicat de dentistes. Nous ne l’aurions d’ailleurs pas souhaité car il est important de garder de la liberté tarifaire pour permettre les progrès techniques. » Les implants ne sont pas du tout concernés par la réforme.

Cas pratique : Le dentiste de Julien, 38 ans, lui a réparé l’année dernière une prémolaire à l’aide d’une couronne en métal couverte de céramique au tarif de 550 €. Julien a dû mettre de sa poche 195 €. Au 1er janvier, le prix d’une telle prothèse sera plafonné à 500 € et intégralement prise en charge.

Des prothèses auditives plus accessibles

Que ce soient des contours d’oreille ou des dispositifs intra-auriculaires plus discrets, pour un large panier d’audioprothèses comprenant aussi des options comme la connectivité sans fil, un système anti-acouphène ou la synchronisation entre les deux oreilles, des prix maximum ont été fixés.

D’autre part, le remboursement par la Sécurité sociale augmente jusqu’à la disparition complète du reste à charge, programmée en 2021. « Grâce à ce panier, les produits de bas de gamme vont disparaître, souligne Luis Godinho, président d’un syndicat d’audioprothésistes. Les équipements proposés correspondent à la moyenne gamme actuelle et devraient représenter à terme 35 à 40 % du marché. »

Un progrès attendu pour les deux tiers des malentendants qui ne sont pas équipés aujourd’hui. « Nous avons renforcé les actions de communication vers les personnes âgées pour les inciter à se faire dépister et à s’équiper », explique Mathilde Lignot-Leloup.

Cas pratique :  Paul, 81 ans, s’est offert, il y a deux ans, un équipement en audioprothèses pour les deux oreilles. Sur la facture de 3 000 €, il lui est resté à payer 1 700 €. À partir du 1er janvier, le même dispositif lui coûtera au maximum 800 €, voire moins si sa complémentaire est plus généreuse.

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