vendredi , 25 septembre 2020
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Consommer des myrtilles au quotidien est bon pour les muscles


La myrtille est une petite baie connue pour ses teneurs importantes en fibres, en vitamines C et E, ainsi que pour ses anthocyanes, pigments aux propriétés antioxydantes qui lui confèrent cette couleur bleue. Une étude d’une durée de six semaines menée par des chercheurs de l »Université Cornell et publiée dans le « Journal of Nutrition » a examiné comment une consommation régulière de ce fruit pouvait affecter les cellules responsables de la croissance et de la réparation musculaires chez les femmes, via un type de cellules précises : les cellules progénitrices du muscle humain (hMPC). Celle-ci a été menée auprès de 22 femmes, 12 âgées de 25 à 40 ans et 10 âgées de 60 à 75 ans.

Pour leur régime enrichi en myrtilles, les participantes ont consommé l’équivalent de 1,75 tasse de myrtilles fraîches par jour, sous forme de myrtilles lyophilisées (19 g le matin et 19 g le soir) en plus de leur alimentation habituelle. Ces dernières ont également été invités à éviter les autres aliments riches en polyphénols et anthocyanes. Au début et à la fin de l’expérience, les chercheurs ont prélevé sur chacune d’entre elles du sérum sanguin, soit la partie liquide du sang qui ne renferme pas de cellules sanguines (globules rouges, globules blancs, plaquettes). Ils ont ensuite cultivé des cellules progénitrices du muscle humain (hMPC) en laboratoire avec chacun de ces prélèvements.

Une intervention diététique pour améliorer la régénération musculaire

Le but : étudier comment chaque sérum affecterait le nombre de ces cellules souches musculaires, leur prolifération, leur sensibilité au stress oxydatif et leur taux de consommation d’oxygène. Les résultats ont montré que le sérum sanguin enrichi aux myrtilles pendant six semaines obtenu chez les femmes âgées de 25 à 40 ans avait permis d’augmenter de 40% le nombre de ces cellules en culture. Les chercheurs ont également remarqué qu’elles étaient plus susceptibles de se montrer résistantes face au stress oxydatif et que leur consommation d’oxygène avait légèrement augmenté. En revanche, aucun effet bénéfique n’a pu être observé avec le sérum des participantes âgées de 60 à 75 ans.

Si les chercheurs estiment que d’autres études sont nécessaires pour établir de véritables conclusions, ils estiment que leurs résultats ont leur importance en ce qui concerne la recherche sur la perte de la masse musculaire en vieillissant. Cette réduction de la masse et de la force musculaires peut en effet provoquer une perte de mobilité et donc accentuer le risque de chutes et de fractures, favoriser une diminution de l’activité physique et des perturbations métaboliques et, à long terme, entraîner une diminution de la qualité de vie et une perte d’indépendance. Or, la recherche actuelle sur les interventions diététiques permettant de soutenir la régénération du muscle est limitée.

Des vertus étudiées dans bien d’autres domaines

« Cette étude préliminaire ouvre la voie à de futures études pour développer des interventions cliniques. », explique le Pr Anna Thalacker-Mercer, chercheuse principale de l’étude. « Bien que les résultats ne puissent pas être généralisés à toutes les populations, cette étude est une étape importante vers une potentielle thérapie diététique pour améliorer la régénération musculaire après une blessure et pendant le processus de vieillissement ». L’équipe scientifique cite les données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) qui soulignent que chez l’Homme, la masse musculaire diminue de 3 à 5 % chaque décennie après l’âge de 30 ans, un taux qui augmente au-delà de 60 ans.

« Par conséquent, les stratégies visant à améliorer la prolifération des cellules souches musculaires et à réduire le stress oxydatif peuvent être bénéfiques pour la régénération musculaire au cours du vieillissement. », ajoutent les chercheurs. Ces derniers concluent sur le fait que des recherches sur le rôle que les myrtilles peuvent jouer dans la promotion d’une bonne santé sont en cours dans plusieurs domaines, notamment la santé cardiovasculaire, la gestion du diabète, la santé du cerveau et le microbiote intestinal. En janvier, des chercheurs de l’Inserm expliquaient par exemple dans la revue The Conversation que leur consommation serait associée à une diminution des risques d’infarctus et de diabète.

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