samedi , 23 novembre 2019
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Contraception hormonale : quels risques pour la santé ?

Pilule, patch ou anneau vaginal, tous les contraceptifs œstroprogestatifs ont les mêmes avantages et inconvénients. Ils sont accusés d’augmenter le risque de thrombose, de certains cancers, de surpoids… Le point sur les effets secondaires possibles et les facteurs de risques, variables d’une femme à l’autre.


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La contraception hormonale rend de fiers services aux femmes, mais pour certaines, il y a une contrepartie. Si l’immense majorité d’entre elles tolère parfaitement bien une pilule, un anneau ou un patch, d’autres vont souffrir d’effets secondaires, parfois graves. Chaque cas est particulier, les risques étant liés à l’âge, à la génétique et aux antécédents médicaux. Le choix d’une contraception n’est pas anodin. Il ne faut pas hésiter à interpeller son gynécologue afin de peser le pour et le contre. Heureusement, le choix des méthodes contraceptives est vaste. On peut toujours en changer.

Contraception et risque de cancer du sein

Les œstrogènes augmentent légèrement le risque de cancer du sein, mais on n’observe pas davantage de cas chez les femmes qui prennent la pilule.


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« Les femmes sous contraception n’ont pas l’âge du cancer du sein, sauf si elles ont des antécédents personnels ou familiaux. En revanche, l’âge entre en ligne de compte à l’approche de la ménopause. À cette période, il faut réévaluer la balance bénéfice-risque. Souvent, la pilule n’est plus le moyen contraceptif le mieux adapté à l’âge de 45 ans », explique le Pr Bernard Hédon, membre du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Les contraceptifs hormonaux agissent sur les veines et les artères

Chaque année en France, douze femmes décèdent d’un infarctus ou d’un AVC lié à leur contraception. Cela représente 2 % des accidents thrombo-emboliques dus à la pilule, aux anneaux ou aux patchs à base d’œstrogènes. Ces hormones favorisent, en effet, la formation d’un caillot sanguin dans une veine ou une artère.


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« Le risque de thrombose est le principal risque de la contraception œstroprogestative, loin devant le risque de cancer », dit le Pr Hédon.

Les patchs et les anneaux vaginaux appartiennent à la troisième génération de contraceptifs dont la composition double le risque de thrombose par rapport à la deuxième génération.

Un risque de thrombose à évaluer avec son médecin

Le risque de thrombose varie selon les antécédents médicaux de chacune et la composition du contraceptif.

Les facteurs de risque artériel

  • Âge supérieur à 35 ans : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Surpoids, obésité : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Plus de 15 cigarettes par jour : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Antécédents familiaux (père, mère, frère, sœur) d’infarctus ou d’AVC avant 55 ans (homme) ou 65 ans (femme) : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée.
  • Hypertension artérielle :  l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée.
  • Dyslipidémie contrôlée : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Diabète insulinodépendant : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée si diabète depuis plus de 20 ans ou complications vasculaires.
  • Diabète de type 2 : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire, mais en deuxième intention (premier choix : contraception microprogestative ou stérilet au cuivre).
  • Migraine avec aura : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée.
  • Migraine simple : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.

Les facteurs de risque veineux

  • Âge supérieur à 35 ans : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Surpoids, obésité : l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est possible si pas d’autres facteurs de risque vasculaire.
  • Thrombophilie biologique connue :  l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée.
  • Antécédents familiaux (père, mère, frère, sœur) de maladies veineuses thrombo-emboliques avant 50 ans :  l’utilisation d’une contraception œstroprogestative est contre-indiquée.

Source : Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

La contraception œstroprogestative a aussi beaucoup d’avantages. Elle réduit le risque de cancer de l’endomètre, de l’ovaire et du côlon. Les règles sont régulées. Le syndrome prémenstruel est moins pénible et les douleurs d’endométriose s’améliorent.

Pilule et prise de poids

« En moyenne, la pilule n’entraîne aucune prise de poids, mais il peut y avoir des variations individuelles. Les œstrogènes favorisent la rétention d’eau et la cellulite, mais pas aux doses contenues dans une pilule », observe le Pr Hédon. En cas de problème, on peut essayer une pilule avec un moindre dosage ou opter pour une contraception progestative.

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Une libido en berne ?

En principe, ce sont les hormones androgènes qui influent sur la libido, pas les œstrogènes ni la progestérone contenus dans une pilule. De plus, le désir ne se résume pas à l’action hormonale. « La libido a aussi une grande part psychologique dans laquelle le fait d’utiliser une contraception peut avoir une influence », estime le Pr Hédon.

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Sylvie Dellus
Pr Bernard Hédon, ancien président du Collège national des gynécologues-obstétriciens français
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