vendredi , 25 septembre 2020
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Coronavirus: « Il est encore trop tôt pour approuver le traitement au plasma en Belgique » – Santé


Le traitement au plasma sanguin contre le coronavirus a été approuvé en urgence par l’autorité sanitaire américaine. En Belgique, une étude avec du plasma de patients guéris du Covid-19 donne des résultats encourageants. Le point avec l’un de ses responsables, le chercheur hématologue Timothy Devos.

En Belgique, l’étude « Dawn plasma » portant sur l’administration de plasma de personnes guéries du coronavirus à des patients malades est en cours à l’UZ Leuven. L’un des responsables de cette étude, le chercheur hématologue Timothy Devos, fait le point sur ses avancées alors qu’aux Etats-Unis, Donald Trump a annoncé que la FDA comptait accélérer l’utilisation de plasma sanguin comme thérapie contre le coronavirus.

En Belgique, l’étude « Dawn plasma » portant sur l’administration de plasma de personnes guéries du coronavirus à des patients malades est en cours à l’UZ Leuven. L’un des responsables de cette étude, le chercheur hématologue Timothy Devos, fait le point sur ses avancées alors qu’aux Etats-Unis, Donald Trump a annoncé que la FDA comptait accélérer l’utilisation de plasma sanguin comme thérapie contre le coronavirus. »Nous collaborons avec la Croix Rouge/Rode Kruis pour les dons de plasma. Nous avons reçu notre premier patient fin avril à l’UZ Leuven. Nous avons actuellement 57 patients dans 22 hôpitaux belges. Cette répartition géographique est importante car nous nous attendons à des rebonds épidémiques cet hiver dans différentes zones du pays », nous explique le professeur Devos.Dans le cadre de cette étude, les patients traités de façon « standard » contre le coronavirus sont comparés à des patients qui reçoivent des soins classiques et, en complément, des transfusions. Quatre poches de plasma de donneurs guéris du Covid-19 leur sont transfusées, deux unités le premier jour de leur hospitalisation et deux autres, les deux jours qui suivent. « Le but de l’étude est de montrer que les patients qui reçoivent le plasma dès le début de leur hospitalisation ne devront pas aller aux soins intensifs sous respiration mécanique », nous explique le responsable de l’étude. Jusqu’ici, les résultats sont encourageants et l’équipe universitaire louvaniste ne remarque pas d’importants effets secondaires ou négatifs sur les patients qui reçoivent le plasma. « Certains se sont posés la question de savoir si les anticorps dans le plasma ne vont pas réveiller le système immunitaire d’une façon exacerbée, mais nous ne remarquons absolument pas cela », rassure le spécialiste de l’UZ Leuven. Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) est prête à donner une autorisation en urgence pour donner du plasma de patients guéris à des patients malades hors étude. Pour le Timothy Devos, cette autorisation arrive trop tôt. Le spécialiste est d’avis qu’il faut encore du recul pour pouvoir prouver l’efficacité réelle du traitement et qu’il faut traiter les patients dans le cadre d’une étude clinique. « Aux Etats-Unis, même si on compte déjà plus de 40.000 administrés au plasma, je suis d’avis qu’ils vont trop vite. Nous sommes très satisfaits de la façon dont cela se passe pour le moment au niveau sécurité et tolérance, mais nous ne pouvons pas encore donner de résultats sur l’efficacité du traitement, c’est beaucoup trop tôt. Nous avons besoin de plus de recul et de réaliser le traitement sur plus de patients », explique le professeur Devos. Pour certains observateurs, cette décision outre-Atlantique doit d’ailleurs plus à la volonté de Donald Trump d’apparaitre fort dans sa lutte contre le virus à l’aube de la convention républicaine qu’à de véritables preuves de l’efficacité de ce traitement. Dans son annonce dimanche, la FDA a d’ailleurs rappelé qu’il n’existait pas, pour l’heure, de preuve formelle que l’utilisation de plasma était efficace.L’équipe de l’UZ Leuven planifie son étude sur 1,5 an et ambitionne d’observer plus de 300 patients. Des études de ce style ont lieu actuellement un peu partout dans le monde. Les recherches sont mutualisées. « Il est crucial de collaborer au niveau européen et mondial, aussi avec les Etats-Unis. Si une de ces études donnent des conclusions plus vite sur l’efficacité du traitement, il pourra être accessible plus rapidement aux malades », explique l’hématologue. Traiter des malades victimes d’une infection avec du plasma de patients guéris de la même infection est une méthode qui a déjà fait ses preuves dans d’autres maladies infectieuses, comme Ebola, et à l’époque de la grippe espagnole.


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