mardi , 7 avril 2020
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Coronavirus : il infectera 40 à 70% de la population mondiale, assure un épidémiologiste


Voilà une déclaration “choc” à l’heure où la lutte contre le nouveau coronavirus Covid-19 s’intensifie, notamment en Europe, suite à l’émergence de cas sans liens apparents avec la Chine ou le nord de l’Italie.

Interviewé par The Atlantic, Marc Lipsitch, épidémiologiste à l’Université américaine de Harvard, estime en effet que le virus finira irrémédiablement par infecter 40 à 70% de la population mondiale d’ici un an, et ce quels que soient les moyens entrepris pour le maîtriser.

Marc Lipsitch prévoit ainsi qu’au cours de l’année à venir, une grande partie de la population mondiale sera infectée par le nouveau coronavirus, sans forcément que cela n’implique une forme sévère de la maladie. “Il est probable que beaucoup souffriront d’une maladie bénigne ou seront asymptomatiques”, a-t-il précisé. 

L’épidémiologiste considère ainsi que ce coronavirus va en quelques sortes se transformer en nouvelle maladie respiratoire saisonnière, comme la grippe, au point que la saison des rhumes et de la grippe devienne aussi celle du Covid-19. Le virus deviendrait un virus humain à part entière, et perdrait alors ses liens originels avec l’animal source.

La thèse soutenue ici par Marc Lipsitch sous-entend que le coronavirus a commencé à se disséminer de façon discrète, et que certains individus seraient porteurs sains, c’est-à-dire qu’ils auraient été infectés par le virus sans pour autant manifester de symptômes. Mais dans ce cas, comme le souligne Stéphane Gayet, médecin des hôpitaux au CHU de Strasbourg, interviewé par nos confrères de Atlantico, il faudrait que ces porteurs sains diffusent le virus autrement que par la toux et les éternuements, simplement à l’aide de postillons ou d’aérosols émis par la parole. “Or, la puissance et la portée des aérosols émis par la parole sont bien plus faibles qu’avec la toux. Cela signifie qu’en l’absence de toux, il faille une étroite proximité, donc une très courte distance entre individus”, ajoute Stéphane Gayet. 

L’infectiologue hygiéniste, estime toutefois que “l’épidémiologiste Marc Lipsitch a lancé un pavé dans la mare”, et que “sa thèse a au moins le mérite de lancer un débat de spécialistes sur cette nouvelle épidémie et son devenir”. Il suggère d’attendre quelques mois ou années pour voir s’il avait effectivement raison ou non.

Source : The Atlantic


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