mardi , 2 juin 2020
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Coronavirus : la mortalité plus marquée selon la taille des villes


Depuis le mois de mars, la France connaît une crise sanitaire liée au Covid-19. Alors que le déconfinement est entamé, l’Insee publie une étude en ce qui concerne son impact sur le nombre total de décès enregistrés ces dernières semaines dans l’état civil, qui couvre les décès peu importe le lieu de survenue et la cause. Ainsi, entre le 2 mars et le 19 avril, la France dénombre 22 140 décès supplémentaires par rapport à la même période évaluée sur les cinq dernières années (26% de plus toutes causes confondues). Alors qu’au cours d’une semaine moyenne de cette période de comparaison, la France compte 11 950 décès, la moyenne se situe à 15 100 décès hebdomadaires en 2020.

Selon l’Institut, « cela correspond à une moyenne de 2 160 décès chaque jour, contre 1 710 au cours de la période de comparaison. » Celui-ci précise néanmoins que ce surcroît de décès constaté ne doit pas être interprété comme le nombre de décès liés uniquement à l’épidémie de Covid-19 sur le territoire, car l’Insee n’est pas destinataire des causes de décès des défunts, sans compter que les décès liés à d’autres causes peuvent avoir également évolué par rapport à la période de comparaison. « Un effet évident, bien que limité, de la mise en place du confinement depuis le 17 mars est la réduction du nombre de décès dus aux accidents de la route. », donne-t-il comme exemple.

Les communes denses se distinguent par leur fort excédent de mortalité

L’étude a également établi un lien entre densité de population et excédent de décès. La raison évoquée est simple : plus le nombre de personnes est important dans un territoire restreint, plus le risque de contacts est grand. De fait, c’est dans les communes les plus denses que le surcroît de mortalité constaté est le plus important (+ 49 % contre + 26 % en France). Parmi celles de plus de 100 000 habitants, Saint-Denis et Mulhouse se distinguent par les plus forts excédents sur la période suivies par Strasbourg, Argenteuil, puis Paris et Montreuil. Mais l’Insee note que toutes les communes denses ne sont pas touchées : Clermont-Ferrand, Brest ou Caen n’ont pas connu d’excédent de mortalité.

A l’inverse, « dans les territoires les moins denses, les décès en 2020 sont plutôt stables par rapport aux années précédentes. », atteste l’organisme. Et ce bien que la population y est en moyenne plus âgée, et donc a priori plus fragile face au Covid-19 : les personnes de 75 ans ou plus représentent 8% de la population dans les territoires denses, mais 11% dans les territoires très peu denses. « L’explication que l’on peut avancer est que, dans les territoires peu denses, les interactions entre individus sont moins fréquentes et donc le risque de contamination plus faible. », suppose l’Insee qui ajoute que la semaine du 30 mars a été celle du pic des différences de mortalité selon la densité des territoires.

Les personnes plus âgées sont davantage touchées

Les auteurs de l’étude ont également remarqué que les deux sexes sont touchés de manière similaire par l’excédent de mortalité, et que cet écart de mortalité avec la période de comparaison est très net dès 65 ans. Leurs statistiques indiquent que « globalement, 21 900 personnes de plus sont décédées en 2020 parmi les 65 ans ou plus par rapport à la période de comparaison. Plus de 84 % de ces décès supplémentaires concernent des personnes de 75 ans ou plus, et 62 % les seules personnes de 85 ans ou plus. » Il s’avère en revanche que les hommes connaissent dès 75 ans un excédent de mortalité plus élevé que celui des femmes : il est de 35% pour les hommes et de 28% pour les femmes.

Un constat qui peut s’expliquer par une différence d’état de santé entre les sexes dans cette tranche d’âge, puisqu’une proportion plus élevée d’hommes présentant des facteurs de risque (surpoids…), qui peuvent expliquer cet excédent de mortalité. A noter que de manière générale, l’Île-de-France et le Grand Est (les deux régions les plus touchées par l’épidémie de coronavirus) ont présenté les excédents de décès les plus élevés (respectivement + 96% et + 59% du 2 mars au 19 avril), devant la Bourgogne-Franche-Comté, les Hauts-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. A l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine ou la Guyane ont présenté très peu d’excédent de décès en 2020 par rapport à la période de comparaison.

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