samedi , 4 juillet 2020
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Coronavirus : le test salivaire de dépistage rapide EasyCov commercialisé en juin


Début avril, un consortium français* composé notamment de scientifiques du CNRS annonçait le lancement d’une étude clinique pour tester la performance d’un nouveau test de dépistage du Covid-19 baptisé « EasyCov ». Alors que la course est lancée à travers le monde entier pour trouver le test de dépistage le plus rapide et efficace possible, l’objectif de ce consortium consiste à mettre sur le marché un test de diagnostic du coronavirus SARS-CoV-2 simple d’utilisation et ne nécessitant pas l’emploi de matériel lourd : le test salivaire EasyCov a été développé dans ce but, et l’étude a été pilotée au CHU de Montpellier pour confirmer ou infirmer ses performances en conditions réelles.

Plus d’un mois plus tard, voilà que ce test est désormais en phases d’industrialisation et de commercialisation. « Une chaîne de développement, de production et de distribution efficace et fiable a déjà été mise en place pour préparer le déploiement rapide du test », annonce le CNRS. Ce dernier est réalisable sur le terrain en moins d’une heure par un professionnel de santé. Il consiste à prélever moins d’1 ml de salive (l’un des principaux vecteurs du virus) sous la langue du patient puis à déposer successivement le prélèvement dans deux tubes chauffés à 65° grâce à un système nomade. Une lecture des résultats colorimétrique permet ainsi de diagnostiquer la présence du virus chez le patient testé.

« Une véritable rupture dans la lutte contre le COVID-19 »

Ainsi, le personnel soignant peut lire le résultat à l’œil nu, à la différence de la méthode de test de référence qui demande un temps de traitement conséquent en laboratoire et nécessite des équipements importants. « Une étape décisive a été franchie. EasyCov est une innovation développée et mise au point en un temps record, qui place la recherche française au premier rang mondial. Je suis convaincu que ce test de dépistage salivaire marquera une véritable rupture dans la lutte contre le COVID-19. », explique Franck Molina, chercheur au CNRS et directeur du laboratoire Sys2Diag. L’obtention du marquage « CE » est prévue pour la première quinzaine de juin.

Dans la foulée, le test sera produit en France par la société Firalis pour un objectif de mise sur le marché français à compter du mi-juin 2020, pour un prix de vente de 20€. « EasyCov pourra ensuite être intégré dans une offre plus globale qui sera proposée au client final et qui pourra inclure notamment la logistique et l’intervention de professionnels de santé », ajoute le CNRS. Parallèlement au lancement de l’étude clinique, la société Vogo est en charge du développement de l’outil technologique qui, après consentement de l’utilisateur, permet d’automatiser l’analyse des résultats par la lecture colorimétrique du test, nécessaire pour un dépistage massif de la population (« EasyCov Reader »).

Deux grands types de tests de diagnostic de l’infection par le SARS-CoV-2

« Nous estimons que le test EasyCov adossé à un dispositif numérique a tous les atouts pour accompagner le déconfinement des populations, favoriser la reprise progressive de l’économie du sport et, à terme, des activités évènementielles à forte densité humaine », indique Christophe Carniel, PDG de cette entreprise. L’enjeu autour de la conception de tests de dépistage est de taille puisque le fait de pouvoir dépister massivement la population est considéré comme une condition sine qua non d’un déconfinement sans deuxième vague d’infections réussi. Actuellement, deux types de tests sont proposés.

  • Le premier est le test de détection directe du virus qui repose sur la technique de PCR. Ce test est réalisé à partir d’un prélèvement biologique, le plus souvent naso-pharyngé avec un petit écouvillon inséré dans le nez. « Il doit obligatoirement être effectué par un personnel formé doté d’équipements particuliers et d’une expertise de laboratoire. L’échantillon est ensuite analysé afin de rechercher directement la présence du matériel génétique (ARN) du virus et de confirmer ainsi le diagnostic de l’infection », précise l’Institut Pasteur.
  • Le second type de tests, sérologique, permet de rechercher la présence dans le sang d’anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 (immunoglobulines de type M ou G) et donc de déterminer si la personne a été infectée par le virus au cours des semaines précédentes.

*Consortium formé par la société de biotechnologie SKILLCELL, filiale du groupe ALCEN, le laboratoire du CNRS SYS2DIAG (CNRS/ALCEN) et la société VOGO.

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