mardi , 11 août 2020
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Coronavirus SARS-Cov-2 : sa variante D614G inquiète les chercheurs


À l’échelle mondiale, la variante D614G du coronavirus SARS-CoV-2 à l’origine de la maladie Covid-19 serait désormais plus répandue que sa forme originelle (D614), identifiée en Chine, fin décembre 2019. Selon une étude publiée jeudi 2 juillet dans la prestigieuse revue américaine Cell (1), la variation du génome viral améliorerait la capacité du coronavirus à infecter les cellules humaines (dans le cadre de cultures cellulaires en conditions de laboratoire).

La variante D614G, modifierait légèrement mais efficacement la glycoprotéine « spike » qui dépasse de la surface du virus et que celui-ci utilise pour pénétrer dans les cellules humaines. 

« Cette mutation a été portée à notre attention au début du mois d’avril, car nous avions observé un schéma répétitif frappant. Partout à travers le monde (même lorsque les épidémies locales ont fait circuler de nombreux cas de la forme originale), peu de temps après l’introduction de la variante D614G dans une région, elle est devenue la forme répandue », a indiqué Bette Korber, biologiste théoricien au Los Alamos National Laboratory et auteur principal de l’étude.

Les mutations du virus sont suivies par des scientifiques du monde entier. Ils analysent les composantes génétiques du virus en leur possession et partagent leurs résultats sur une base de données internationale : GISAID (qui regroupe à ce jour plus de 30 000 analyses). 

Une première étude controversée

En avril dernier, des chercheurs du Los Alamos National Laboratory au Nouveau-Mexique et de Duke University en Caroline du Nord (en partenariat avec le groupe de recherche « Covid-19 Genomics UK » de l‘Université de Sheffield) ont analysé les échantillons de génomes publiés sur GISAID. Leurs premières observations avaient été vivement critiquées pour leur manque de solidité. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux supplémentaires à la demande des éditeurs de la revue Cell pour prouver que la plus grande contagiosité du virus n’était pas liée au hasard. 

« L’étude complète révisée par les pairs publiée aujourd’hui confirme que la mutation D614G est devenue dominante parmi les différentes souches en circulation. Elle confirme également que cette variante est plus infectieuse dans des conditions de laboratoire« , affirme le Dr Thushan de Silva, maître de conférences clinique en maladies infectieuses, qui a dirigé l’analyse des données à l’Université de Sheffield.

« Le virus du SRAS-CoV-2 présente globalement un faible taux de mutation (bien inférieur aux virus qui causent la grippe et le VIH-SIDA). La variante D614G apparaît comme faisant partie d’un ensemble de quatre mutations liées qui semblent s’être produites une fois, puis se sont déplacées ensemble dans le monde sous la forme d’un ensemble cohérent de variations », note Science Daily (2). 

Une variante plus « infectieuse », mais pas forcément plus « transmissible »

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont d’abord analysé les données de 999 patients britanniques hospitalisés pour cause de Covid-19. Ils ont constaté que les patients porteurs de la variante D614G présentaient une charge virale plus importante, sans que cela n’impacte la gravité de la maladie. 

Les expériences menées en laboratoire ont montré en revanche que la variante était trois à six fois plus capable d’infecter des cellules humaines. Cependant, une expérience contrôlée en laboratoire ne peut reproduire la dynamique réelle d’une pandémie, reconnaissent les chercheurs qui ne sont donc pas encore en mesure d’affirmer que cette forme plus « infectieuse » du SARS-CoV-2 est plus contagieuse.H

« Heureusement à ce stade, il ne semble pas que la mutation D614G provoque une forme de  maladie plus grave », ajoute le Dr Thushan de Silva. 

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